Juin 2017

Plumeavu

Aujourd'hui
Brigitte Moncey et Patrick LAGNEAU

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ont vu pour vous...

 Django 

d'Étienne COMAR

Affiche

Distribution

Reda Kateb, Cécile de France, Beata Palya, Bimba Merstein…

Synopsis

Étienne Comar porte à l’écran un mythe du jazz manouche : Django Reinhardt, à un moment obscur de sa vie.

En 1943, la Deuxième Guerre mondiale sévit. Dans la France occupée, Django est au sommet de sa gloire. Il considère que cette guerre n'est pas la sienne et continue d’enchanter les nuits parisiennes.  Les salles sont remplies d'officiers allemands, friands de bonne musique. Mais, quand on lui demande d'aller à Berlin pour une série de concerts, ses proches l'alertent du sort que les nazis réservent au peuple tsigane. Il part se réfugier en Suisse avec sa famille.
Prise de conscience du grand guitariste, attitude ambivalente du pouvoir nazi face aux artistes français à la fois admirés pour leur talent et méprisés pour leur non-appartenance à la race supérieure…

Notre ressenti 

Reda Khateb joue le rôle de Django avec maestria. Même s’il est doublé, il est très crédible à la guitare qu’il a beaucoup travaillée pendant un an. Comme il le dit : « je ne suis ni Tsigane ni guitariste ». Les Tsiganes participant au film en qualité de comédiens amateurs se demandaient si un « gadjo » était capable de tenir le rôle du grand homme. Reda leur en a donné la preuve. Il campe un Django très convaincant.
Ce film nous a permis de nous intéresser davantage à l’histoire des Tsiganes, lors de la Seconde Guerre mondiale. Un peuple pourchassé par les nazis, mais gardant la tête haute, un peuple survivant grâce à sa musique, à sa joie de vivre envers et contre tout. Les acteurs jouent merveilleusement bien. Le jazz manouche nous a fait vibrer tout au long du film et le concert final : « Requiem pour mes frères tsiganes » nous a bouleversés.

Anecdotes musicales

Lorsqu’on est musicien, qui plus est guitariste fan de Django Reinhardt, il est légitime de se poser la question cruciale : jusqu'où ira le mimétisme de Django par l'acteur qui l’incarne ? Le premier concert du quintet du Hot Club de France dans le film va lever tous les doutes. L’annulaire et l’auriculaire de Reda Khateb sont bien inutilisés dans son jeu de guitare comme l'étaient ceux de Dajngo, atrophiés suite à un incendie de sa caravane lorsqu’il avait 17 ans.

  Doigts 2 Doigts 1  
  La main gauche de Django Celle de Reda Khateb dans le film  

Et c’est vrai, comme nous l’avons dit plus haut, que le travail de Reda Khateb avec ses cours de guitare pendant un an juste pour avoir les bons placements des doigts sur le manche force l’illusion et surtout le respect.

Et le son ? Quand on apprend, au générique final, que Reda Khateb a été doublé par le célèbre Stochelo Rosenberg (1), on ne pourra que s’émerveiller du "grain" du grand guitariste manouche néerlandais, tellement proche du son et du jeu de Django.

Stochelo
(1)

Dans les comédiens amateurs tsiganes, on reconnaîtra Samson SCHMITT (2), fils d'un autre guitariste réputé dans le milieu du jazz manouche : Dorado SCHMITT (3). Dorado est originaire de Forbach, et il est venu entre autres pour un concert à Bar-le-Duc à feu « L’Odéon » en 1988 accompagné par Paul « Hono » Winterstein (4), aujourd'hui guitariste rythmique du grand Biréli Lagrène (5).

Samson Dorado Hono Bireli
(2) (3) (4) (5)

Et quand en plus, on reconnaît dans le film le ci-dessus nommé Hono Winterstein dans le rôle de Toto Hoffman, chef de la communauté  tsigane qui accueille Django dans son exode au bord du lac Léman, il n’y plus aucun doute : le film est bien habité par l’âme manouche de Django Reinhardt.

Et pour le plaisir, nous terminons avec  Django Reinhardt dans une de ses rares vidéos, où il interprète "J'attendrais" en compagnie de Stéphane Grappelli et le Quintet du Hot Club de France...

Moncey Lagneau 1

 

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