Octobre 2017

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Joëlle FRIGNET

La belle inconnue du parc Japiot

(6/11)

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  D’un pas décidé, ils s’avancèrent vers la sortie. Louis était aux aguets et scrutait le véhicule dont il releva mentalement les références de la plaque minéralogique. À la hauteur de la berline, Youpi grogna et Louis tenta de jeter un coup d’œil à l’intérieur. Impossible de glaner quelque information... les vitres étaient teintées !
  Serrant précieusement son mouchoir au creux de sa poche, Louis fit un effort pour ne pas se retourner.
  Au commissariat, l’inspecteur les reçut immédiatement.

  - Alors, Louis, toujours en goguette ?
  - Je t’apporte le morceau de tissu dont je t’avais parlé ! Les gars du labo sont là ?
  - Justement, ils viennent de m’apporter leur rapport, je leur confie tout de suite la pièce ! 

  Pendant l’absence de l’inspecteur, Louis ruminait : cette voiture, journalistes ou protagonistes du meurtre ?

  - Ça y est, j’ai un scan, ton confetti a parlé !

  Il brancha derechef la clé USB sur son PC. On vit alors apparaître une tache blanche, striée d’une rayure bleue encadrée de deux minces filets dorés.

  - Mais, ce truc… Il me rappelle quelque chose, mais quoi ?
  - C’est peut-être un morceau du foulard d’une des nombreuses grands-mères qui promènent leur toutou dans le parc ?
  - Je ne sais pas, mais j’ai photographié  la branche  sur laquelle je l’ai trouvé. Dis-moi, j’affabule peut-être, mais il m’a semblé voir une voiture roder autour du parc.
  - Quel genre ?

  - Une berline noire avec des vitres teintées.
  - De toute façon, nous avons deux gars en faction qui surveillent le secteur, si c’est suspect, ils ne manqueront pas  de le faire remarquer !
  - Pauvre petite ! Si jeune et si jolie !
  - C‘est le métier qui veut ça mon vieux, on n’y peut rien, on fait semblant de s’habituer !
  - Bon, je te laisse travailler, Jean-Luc, à bientôt ! »

  Sorti du commissariat, Louis, à moitié tranquille, ne cessait de se retourner. La berline était-elle toujours dans les parages ? Était-ce lui qu’elle espionnait ?
  
Apparemment, la voie était libre.
  
Louis n’avait pas envie de repasser par le parc et décida de faire un détour pour rentrer chez lui. Le jour déclinait et l’air fraîchissait, il accéléra le pas.
  
À cinq mètres du portail de la maison, Youpi se mit à gronder.

  - Allons, mon vieux, on s’est assez baladés aujourd’hui ! »

  Il continua d’un bon pas.
  
À peine eut-il franchi le portail, qu’un bras lui enserra le cou et une main lui écrasa la bouche. Une ombre sortit de derrière la haie et lui fouilla les poches après avoir subtilisé l’appareil photo dans l’étui qui pendait à son cou. Youpi aboyait rageusement, un coup de pied l’envoya valser au milieu de l’allée.
  
Puis, plus rien…
  I
ls se retrouvèrent là, pantelants.

  Réconforté par un bon café, Louis téléphona à l’inspecteur Marchon qui parvint à la même conclusion que lui : c’est sûr, il détenait certainement une photo qui pouvait mettre sur la piste du coupable !

  Fort heureusement, la veille au soir, en bon célibataire, il avait vidé sa carte SD dont il avait transféré le contenu sur son disque dur. Il se lança donc dans ses recherches, négligeant l’heure du souper.
  
Vers minuit, la fatigue se fit sentir, mais il visionna un dernier dossier avant d’aller se coucher. La lumière lui apparut. C’était un travail de la semaine dernière.
  
Le service des affaires culturelles, pour compléter la gazette municipale, lui avait demandé  de composer un dossier sur la préparation du carnaval de Venise qui aurait lieu le mois prochain.

  Au centre social des planchettes, des volontaires étaient réunis pour peaufiner la fabrication des costumes. Chacun y mettait du sien et l’ambiance était très chaleureuse. Le travail accompli était époustouflant !
  
Il avait capturé l’image d’un groupe qui s’affairait à la préparation d’un costume bleu et blanc, assorti d’une cape dorée.
  
Bleu !
  
Bon sang !
  
Le même bleu que les escarpins !...

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Frignet

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