Octobre 2017

Coinphilosophe

Par Daniel DUBOURG

Daniel dubourg2

Souvenirs, souvenirs... Visite...

L’été, saison privilégiée des récoltes. Mais aussi voyages, visites, découvertes, rencontres, et expériences nouvelles.

À l’heure de boucler sa valise et de rentrer chez soi, carnets, appareils de photo et mémoires de toutes sortes fourmillent souvent d’une myriade d’instantanés, d’arrêts sur image, de sensations et d’émotions, de mots et d’échanges profonds ou rapides.

Tout vient se ranger ou se caser en vrac, pour quelques jours, quelques semaines ou quelques mois dans des boîtes, des tiroirs ou des valisettes.

Le quotidien reprend le dessus, jalonné de contraintes et de préoccupations immédiates, parfois aussi de rendez-vous presque oubliés qui s’affichent.

Un peu plus tard, quand le rythme de la vie trouvera sa vitesse de croisière, s’ouvriront valisettes, tiroirs et boîtes déversant leurs flots de souvenirs encore récents et palpables et, pourtant, un rien mis à distance.

Oh ! Tout revient encore assez vite, assez frais, et l’on est submergé. On refait des chemins, on revit des moments, on retrouve des sensations, fortes ou superficielles, évanescentes ou tenaces. Mais avec un soupçon de recul, déjà.

Qu’en sera-t-il, plus tard, de ces montagnes de souvenirs que nous accumulons ?

 Nombre d’entre eux ont été effacés par le temps. Souterraine, la main de la mémoire fait son œuvre. Elle choisit sans doute. Pourquoi un souvenir sera-t-il oublié, un autre conservé ? Comment se fait le choix et qui en décide ?

Il est aussi de ces souvenirs que l’on croit enfouis à jamais, et qui, un beau jour, resurgissent, précis ou vagues, agréables ou douloureux, fidèles ou modifiés, on ne sait plus très bien. On s’en tient à ce qu’il nous reste de révélé, surgi d’un tiroir que l’on n’a pas ouvert depuis longtemps.

Le souvenir choisit peut-être de se travestir pour se montrer. Quelle est la fidélité de notre mémoire ? Ne désire-t-elle pas parfois ou souvent édulcorer, aménager, et pourquoi pas, embellir, quitte à transformer le souvenir à notre insu, sans que nous levions même le petit doigt, avec notre assentiment le plus total ?

À cet instant-là, c’est comme si la vie devenait plus douce, comme si tout était fait pour que nous connaissions plus de paix et de quiétude.

D’ailleurs, pourquoi avons-nous plus souvent tendance à nous rappeler les souvenirs plaisants et agréables ? Et pourquoi tout ce qui nous a fait ou nous fait la vie dure semble s’adoucir ? Pour moins de peine, moins de souffrance ?

Les souvenirs, anciens ou récents, sont comme de grands livres peuplés de mots et de parfums, de sons et de musiques, de couleurs et de formes, d’images bigarrées, sépia ou en noir et blanc à effleurer, revisiter, interroger parfois. Que s’ouvre seule, inattendue, une page précise, ou qu’on feuillette le livre avec une intention précise, le caractère et la destination du voyage partiellement et de loin entrepris, les fruits et réflexions que nous en récolterons seront fonction de notre façon de lire.

 

Dubourg

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