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Le livre s’ouvre sur un drame : un père qui se jette du deuxième étage avec sa fille dans les bras. Ensuite le roman détricote l’histoire de ce couple depuis leur rencontre et raconte comment on peut en arriver là. La trame dramatique encourage le lecteur à découvrir une intrigue haletante jusqu’au dénouement inattendu. La chute, dérangeante, met en lumière un phénomène jamais traité dans la littérature. Au delà de l’intrigue, Adèle est essentiellement axé sur l’analyse psychologique des personnages et se situe du point de vue des deux protagonistes principaux, Claire et Marc, alternant d’un chapitre à l’autre.
Adèle apporte ainsi une approche éclairante de la folie, de ses causes, de ses conséquences, ainsi que de l’emprise amoureuse et familiale.
Adèle propose une critique de l’état actuel de la justice, de la protection de l’enfance, de la pédopsychiatrie. C'est également un éclairage sur une question sociale, celle du milieu de la haute bourgeoisie et de son fonctionnement.
Ce manuscrit se veut riche par la variété des formes qui le parcourent : narration du point de vue des différents personnages, lettres, articles, SMS, et pour finir la couverture d’une thèse de médecine.
Enfin, malgré un sujet sombre et oppressant, des plages de repos et d’aération sont proposées au lecteur par un style léger, c’est à dire simple et direct, un ton, je l’espère, original, parfois drôle, parfois osé. Ces éléments viennent régulièrement ponctuer le propos, apporter de la distance par rapport au sujet, afin de ne pas saturer le lecteur et garder son attention.
Il s’agit avant tout d’un roman sur la santé mentale. J’ai voulu, en tant que psychiatre, que personne ne se résume à ses actes. Derrière chaque geste se cache une histoire, un monde intérieur mouvant, une souffrance, qui peuvent se cacher derrière l’apparence et le milieu social.
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