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Il était une fois une petite fille qui vivait dans une cité thermale des Vosges entre un père sévère et brutal, une
mère peu aimante et une soeur adorée. Tombée dans les livres pour échapper à cette atmosphère délétère, elle attendait de devenir adulte pour commencer à exister. Ses études achevées, alors même qu’elle appréhendait la vie espérée, elle eut la grande douleur de perdre sa cadette. Trente ans plus tard, lors d’une lecture ambisonique de L’Autre fille (A. Ernaux), elle imagina une longue interpellation à cette soeur chérie dans laquelle elle reviendrait sur leur enfance, ses souffrances, sa résilience.
Sur le mode d’une apostrophe à la soeur perdue, l’ouvrage est composé de dix-neuf plus un chapitres qui commencent tous par “Il y a“. Il y a donc la famille avec : Nathalie, la soeur, l’auteure, ce terrible père et leur vie dans les années quatre-vingt. Il y a le deuil et la non-vie qui va s’ensuivre pour le père. Il y a les souvenirs, les scènes d’enfance et la complicité des adulescentes qu’elles étaient avant le drame. Il y a les livres aussi, chers à l’auteure, celui qui a donné naissance au texte, et les autres qui l’ont construite. Il a bien sûr la douleur, l’absence, la nostalgie, tout ce dont le drame de la route les a privées. Tout, sauf ce sentiment indestructible et ce lien inextricable qu’est la sororité.
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