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Quand j’ai commencé à jouer du saxophone, j’ai cherché les noms des grandes saxophonistes du passé. Je n’ai trouvé, loin aux origines, que le nom d’une Américaine, Elise Hall. Je suis allée sur ses traces aux Etats-Unis, à Boston, à Santa Barbara. J’ai trouvé une femme audacieuse, née en 1853, presque en même temps que le saxophone, qui s’est battue toute sa vie contre les préjugés. Si elle est sans conteste reconnue pour sa place dans l’histoire de la musique, à l’origine du premier répertoire pour saxophone et orchestre, c’était jusqu’à présent avec une certaine condescendance. On épousait trop facilement le regard mâle de Debussy, qui n’a vu que le caprice d’une riche bourgeoise américaine lui commandant une œuvre. Il écrivait à son épouse Lily :
Je ne sais pourquoi « la Dame au saxophone » m’apparaît comme la Statue du commandeur apparut à ce pauvre Don Juan ! — Jamais elle ne se doutera combien elle a pu m’ennuyer. Ça ne te paraît pas indécent, une femme amoureuse d’un saxophone, dont les lèvres sucent le bec en bois de ce ridicule instrument ? — Ça doit être sûrement une vieille taupe qui s’habille comme un parapluie.
On a occulté la musicienne, la manager d’un orchestre. Cette femme passionnée a ouvert un chemin en se battant pour sa reconnaissance et sa liberté, jusqu’à l’enfermement dans un asile, comme Camille Claudel à la même époque.
Personnage romanesque : j’ai imaginé ce qu’elle ressentait, ses joies, ses peines, sa détresse à la fin de sa vie.
Le livre a obtenu une mention spéciale au prix Victor Hugo 2026.
En cours, à partir de mon livre : un documentaire pour la télévision et un roman graphique.
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