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Par Claudine REBER

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Amis lecteurs, je vous propose de partir avec moi pour visiter…

 La Sicile  

(Toutes les photos peuvent être agrandies d'un simple clic)

Nous ne parcourrons pas toute l’île, mais plutôt une partie de la côte Est. Vous êtes prêts ? Allons-y !
Départ de l’aéroport de Lorraine. Cela commence mal, notre vol est retardé de deux heures, soit dix-sept heures quarante au lieu de quinze heures quarante. Y a-t-il un pilote dans l’avion ? Eh bien, justement non ! Nous attendons le pilote et son équipage qui doivent arriver de Paris.
Après une longue attente, une employée nous fait signe de passer au contrôle et nous montons dans l’avion qui décolle enfin, à dix-huit heures trente.
Les moteurs donnent toute leur puissance pour le décollage, c’est un peu impressionnant. L’Airbus monte vers le ciel occasionnant quelques maux d’oreilles… Nous voici à présent au-dessus des nuages ; j’ai l’impression de me trouver sur des pistes enneigées, mais où sont les skieurs ?
Vingt heures trente, nous atterrissons à Catane (Catania). La nuit tombe alors qu’en France il fait encore grand jour, nous sommes en juin. Ce n’est pas le même fuseau horaire, voilà l’explication.
Récupération de nos valises qui, à la queue leu leu, se présentent à nous sur le tapis roulant de l’aéroport. Chacun y a mis soit un ruban de couleur pour les uns, un autocollant pour les autres, afin de reconnaître sa valise plus facilement, car bon nombre se ressemblent.
Tout le monde a retrouvé sa valise ? Parfait, alors dirigeons-nous vers la sortie où nous espérons trouver le bus qui va nous amener à l’hôtel. Des hôtesses d’accueil brandissent des pancartes. Ce sont elles qui nous guident pour savoir quel bus prendre. Le voici ! Nous avons environ quarante-cinq minutes de trajet.
Nous arrivons enfin à destination : Brucoli ! Brucoli est un petit village situé sur la côte Est de la Sicile, au calme entre Catane et Syracuse, à cinq kilomètres d’Augusta. Une petite baie sépare notre site de vacances du village. Pour s’y rendre il faut prendre la navette, un petit bateau qui peut contenir une dizaine de personnes pour deux euros l’aller et le retour. C’est assez pittoresque. Pour l’instant, nous posons nos valises dans le hall et nous allons dîner. Un copieux buffet nous attend. Autour des tables de six ou huit couverts, nous allons pouvoir faire connaissance avec les autres touristes. À première vue, il y a essentiellement des Italiens et des Français sur le site. Peut-être allons-nous revenir en France bilingue ? Je rêve !
Il est déjà vingt-trois heures lorsque nous regagnons notre chambre agréable et climatisée. Bonne nuit !

Premier jour

Ce matin, après nous être rafraîchis dans la piscine, je vous emmène à Syracuse qui se trouve à environ quarante-cinq minutes en bus de Brucoli.
Syracuse. Qui n’a pas entendu parler de cette ville? Henri Salvador aurait tant aimé voir Syracuse…
À l’origine, ce sont les Grecs qui débarquèrent sur l’île d’Ortygie et ils s’y installèrent. De nos jours, là est le centre historique de Syracuse. L’île d’Ortygie devenant trop petite, les Grecs ont construit un pont et ils ont fondé Syracuse qui se trouve de l’autre côté. Ceci en 734 avant Jésus-Christ. Un étroit canal sépare la vieille ville de la nouvelle.

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Le parc archéologique, entouré de grilles, comprend le théâtre grec et une grotte en forme d’oreille humaine qui est appelée : l’oreille de Denys, un tyran grec.

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Pour accéder au théâtre grec qui se trouve tout en hauteur, l’ombre des ficus nous rafraîchit. Le guide ne manque pas de nous faire remarquer ces arbres très fournis en feuilles que nous avons aussi en France… mais en pot et minuscules !

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Le théâtre grec est bien restauré à ce jour ; des concerts y sont donnés et des pièces de théâtre uniquement classiques y sont jouées.

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Contre le dernier rang de gradins, une large allée circulaire adossée sur sa droite à une sorte de muraille avec des alvéoles creusées dans la pierre ; c’était ici que les Grecs mettaient leurs défunts.

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Je vous propose de quitter le théâtre et d’aller voir en bas, à la carrière de Latonia del Paradiso, l’oreille de Denys ; une grotte artificielle dans laquelle nous pouvons entrer.

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Nous profitons de sa fraîcheur quelques minutes puis nous ressortons à l’extérieur des grilles pour nous rendre près de l’amphithéâtre romain qui a été découvert comme beaucoup d’autres vestiges lors des tremblements de terre.

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L’allée qui nous y amène est ombragée, elle aussi ; vous remarquez des gros blocs de pierre qui nous accompagnent jusqu’à l’amphithéâtre : qu’est-ce que c’est ? Vous avez sûrement deviné, ce sont des sarcophages.

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À chaque civilisation, à chaque époque, sa façon de donner le dernier repos à ses morts.
Syracuse est une ville qui a été envahie par différents peuples. Après les Grecs, il y a eu les Turcs, les Arabes et les Normands qui se sont installés à différentes périodes. Chaque peuple a laissé son empreinte. Les Arabes ont construit tout un quartier avec des rues étroites pour éviter le soleil et la chaleur.

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Venez les sillonner avec nous sur l’île d’Ortygie. Vous voyez des balcons aux portes-fenêtres avec leurs balustrades un peu spéciales, les grilles sont élargies et arrondies en bas. Elles ont été façonnées ainsi, pour permettre aux dames  qui portaient des crinolines, d’être plus à l’aise.

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Le long de ces rues, les magasins de souvenirs côtoient les boutiques. Certains vêtements très colorés attirent l’œil, comme ces tuniques ou ces robes ornées de moult pompons, mais de là à les porter chez nous en France… Nous voici sur la place de la cathédrale. Majestueuse et grandiose, elle nous livre son histoire grâce au guide qui nous accompagne.

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La cathédrale fut un temple grec puis devint chrétienne. Des murs furent montés entre les colonnes que l’on peut encore apercevoir aujourd’hui. L’église fut remaniée par les Normands et une partie de sa façade reconstruite lors du tremblement de terre de 1693. L’entrée est payante, mais aujourd’hui nous pouvons y entrer sans avoir à donner notre obole, car à ce moment il y a un mariage. Silencieux et immobiles, nous sommes d’abord attirés par la décoration nuptiale : des corbeilles de fleurs blanches au début de chaque rangée de bancs, autour de l’autel, à la sortie de la cathédrale. Une petite fortune dépensée uniquement pour les fleurs. Puis notre regard se fixe sur le devant de l’autel où chacun découvre et admire les mariés : la longue traîne de la mariée et sa robe immaculée en mousseline, les grandes robes et les chapeaux des dames. Notre visite à l’intérieur de l’édifice s’arrêtera là par respect. Cette petite pause, non prévue au programme, nous a permis de nous fondre un peu, dans la vie sicilienne. À présent, continuons notre chemin !
Ici les restes d’un temple grec et plus loin, la fontaine d’Aréthuse. Elle a la forme d’un grand bassin arrondi que l’on admire à nos pieds, car elle est en contrebas de la route. À sa droite, la mer dans laquelle le soleil couchant se reflète… Il paraît que Churchill fut fasciné par cette partie de Syracuse lors du débarquement de 1943.
La visite de Syracuse est terminée ; avant de monter dans le bus, ceux qui le désirent pourront acheter un chapeau. Des vendeurs sont installés là où se garent les bus. Attention aux prix, car ils sont variables !

Deuxième jour

L’ETNA

Dans cette partie de la Sicile, il y a deux choses à ne pas rater : Syracuse et l’Etna. Notre village de vacances bien situé, nous permet de voir les deux, alors prenez un vêtement chaud et un coupe-vent ; la température aujourd’hui est de vingt-sept degrés et il faut bien compter dix degrés de moins en haut du volcan. Nous serons dans le bus pendant une heure trente. Je regarde le paysage qui défile par la fenêtre : beaucoup d’oliviers par endroits, des amandiers, des citronniers et des orangers, deux troupeaux de vaches aussi qui paissent tranquillement l’herbe grillée par le soleil ; pour le reste, une terre aride.
Nous voici arrivés à destination. Des 4X4 prennent le relais du bus pour la montée du volcan. Tout est source de profit ; le prix est déjà assez élevé pour accéder à mi-chemin et de là, deux choix possibles : ceux qui veulent continuer l’ascension à pied, aller acheter dans les boutiques de souvenirs, ou faire un tour de petit-train pour admirer ce paysage peu commun, et ceux qui montent en véhicules jusqu’au cratère. En haut, ils sont à plus de 3000 mètres d’altitude. Mais cette dernière possibilité à un coût supplémentaire. Sachant que nous ne reviendrons pas de sitôt, nous optons pour l’ascension complète du volcan en 4X4. À partir du moment où nous commençons l’ascension de l’Etna, le paysage est complètement différent. Certains y voient un paysage lunaire ; ce que j’en dirais c’est que tout est noir et désertique, paysage voilé par un brouillard plus ou moins dense suivant les jours. Toutefois, quelques touffes d’une plante que je ne saurais nommer ont l’audace de pousser par-ci par-là.

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L’Etna est le plus grand volcan d’Europe toujours en activité. Nous voyons une ou deux maisons presque totalement enfouies sous la lave.

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Vestiges d’une précédente éruption. La dernière date de 2O17. Parvenus tout en haut, nous descendons des véhicules pour nous engager avec un guide dans le cratère du volcan. À mesure que nous nous rapprochons, des fumerolles nous apparaissent. Ces émanations de gaz et de vapeurs sont émises par le volcan au voisinage du cratère.

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On les trouve à l’ouverture d’une crevasse ou à la surface des coulées de lave. C’est impressionnant d’autant plus qu’en touchant le sol, nous sentons la chaleur qui s’en dégage. Tout comme les pistes enneigées que j’imaginais dans le ciel en avion, j’ai conscience que la vue qui s’offre à nous à ce moment est un cadeau de la vie pour une poignée de privilégiés.
Puis le moment arrive où nous allons amorcer la descente et rejoindre nos coéquipiers à « l’étage » en dessous. Visite rapide dans la boutique de souvenirs et nous prenons le téléphérique cette fois pour retrouver notre bus tout en bas.

Troisième jour

Balade autour de l’hôtel dans le parc. Nous admirons la végétation.

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Quatrième jour

Ce matin, c’est décidé, nous prenons le petit bateau pour aller visiter le village juste en face de notre site de vacances.

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Nous découvrons une agence qui propose aussi des excursions, alors nous réservons un taxi pour nous rendre demain à Catane afin d’y faire du shopping.

Cinquième jour

Catane

La ville compte plus de 3OO OOO habitants. Elle a été partiellement détruite en 1669, lors de l’éruption de l’Etna. Depuis, une fontaine y a été sculptée dans la lave, c’est la fontaine de l’éléphant. Cette statue aurait le pouvoir d’apaiser les colères du volcan…

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Nos pas nous amènent près de la cathédrale qui se trouve au centre-ville non loin des magasins.

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Nous découvrons au milieu des bâtiments urbains, un amphithéâtre romain.

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Une petite partie seulement est visible, le reste se trouve sous la ville. Un petit tour sur le marché, quelques emplettes qui réjouissent certains et nous regagnons l’endroit où le taxi doit nous reprendre.

Sixième jour

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Notre séjour touche à sa fin. Je vous propose une matinée relax au bord de la piscine ou au bord de la mer et cet après-midi, je vous donne rendez-vous à Noto.

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Qui aime l’architecture baroque est servi ici. Noto est la ville baroque par excellence. C’est après le séisme de 1693 qu’elle fut reconstruite dans le style baroque sicilien. Le site est classé au patrimoine de l’UNESCO depuis 2OO2. Noto compte actuellement 24OOO habitants.
Suivez-moi  auprès de quelques bâtiments !

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La ville possède : 22 églises, 20 couvents et monastères, 12 paroisses. À l’origine, c’était une ville-étape pour se rendre en terre sainte. Trois cents moines vivaient ici à l'époque ; à présent, il en reste sept ! Il y avait les églises des pauvres et les églises des riches. Dans les familles aisées, l’aînée des filles était mariée à un riche mari comme il se doit et la deuxième n’avait d’autre choix que d’entrer au couvent. Les parents pensaient réserver ainsi leur place au paradis, car la dote était donnée au clergé.

Voici quelques vues des deux plus belles églises dont l’une est la cathédrale.

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Nous voici en face de la mairie qui a une petite histoire, elle aussi. Le bas avait été érigé, mais sa construction n’avait pas été terminée et c’est Franck Sinatra qui a financé le premier étage.

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Quelques détails supplémentaires, les pavés des rues dans les villes que nous avons visitées ont été taillés dans la lave de l’Etna.

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Ici, à Noto la culture principale est l’amandier.

Septième jour

Nous bouclons les valises, les vacances sont terminées, il nous reste de beaux souvenirs pour reprendre le cours de notre vie. C’est la rentrée !
Dernier regard sur le volcan…

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Reber

Commentaires (3)

1. claudine Larcher jeudi, 06 september 2018

Quel beau carnet de voyage ! Digne d'un grand reporter.
Apres toute cette savante description, nous oublions vite les deux heures d'attente au départ de l'aéroport, nous avons voyagé nous aussi pendant la lecture.

2. Frignet Joelle (site web) dimanche, 02 september 2018

Le nom de l'endroit s'était envolé, mais l'image de ce grand escalier est restée gravée dans ma mémoire. C'est à Noto que j'avais fait cette rencontre incroyable : des parents d'un certain âge, accompagnés de leurs jumeaux trisomiques !

3. Zaz Chalumeau (site web) dimanche, 02 september 2018

Merci pour ce joli reportage. J'ai déjà mis un pied sur la Sicile, mais c'était il y a... quarante ans ? Oui, à peu près... Et nous n'avions visité que les alentours de Palerme. Alors pourquoi pas un jour prochain Syracuse ?

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