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Par Monique VILLAUME

Chaque mois, Monique vous propose le parcours et les ramifications de trois mots français courants.

Icône, ou icone, a d’abord été un nom féminin.
Ce mot est emprunté au russe ikona=image, venant lui-même du grec byzantin eikona
Il désigne une figure peinte sur un panneau de bois ou d’argent dans l’église d’Orient.
Plus récemment, icone, nom fém ou masc, a été introduit par le philosophe américain Peirce, à la fin du XIXème siècle, il désigne un signe qui renvoie à l’objet qu’il désigne et qui a, avec lui, des similitudes. Il s’oppose en cela à indice ou symbole. Pour mieux comprendre, l’iconologie est l’art de représenter des figures allégoriques avec leurs attributs distinctifs, par exemple l’apôtre Pierre avec ses clefs (les clefs du paradis).
La connaissance de ces attributs constitue le répertoire de ces représentations, par exemple, si le personnage porte des clefs, c’est l’apôtre Pierre qui est ici représenté artistiquement.
Actuellement, des icones permettent une compréhension par l’image de notions tout à fait profanes, comme la représentation stylisée d’une partie d’animal sur un paquet de viande.
Facebook a imaginé les émoticônes, visages stylisés souriants ou fâchés, pour exprimer vos sentiments quand vous publiez un texte, en vous passant de mots.
Les icones ont certainement de beaux jours devant elles vu l'augmentation des croisements de populations de langues différentes.

Iconoclaste, nom ou adjectif, le mot désigna les partisans des empereurs byzantins qui s’opposèrent à l’adoration des images saintes et interdirent la représentation des personnes divines (et par extension des œuvres d’art).
Au XIXème siècle, ce mot a pris un sens péjoratif pour désigner les personnes qui sont hostiles aux traditions, aux formes du passé, jusqu’à les détruire.  

Identité, nom féminin. Dérivé du latin classique →idem, comme identicus →identique,
ce mot signifie d’abord : caractère identique de deux objets de pensée (Cf. mathématiques).
Ce mot est repris au XVIIIème siècle pour désigner ce qui est permanent dans un individu, son identité personnelle.
En droit et dans le langage courant, l’identité désigne le fait pour une personne d’être un individu donné, et de pouvoir être reconnu pour tel. C’est le droit qui a créé des syntagmes : Carte d’identité, plaque d’identité, pièce d’identité, photo d’identité, identité judiciaire.
Dans identifier, mot de même racine, il s’agit bien de reconnaître l’identité de quelqu’un.

Immortel, adjectif puis nom. Formé de im privatif, qui vient doubler le m de mortel.
Dès 1330, il signifie : qui ne peut pas mourir. Pour Ronsard, il s’agit donc d’un dieu.
Par extension, immortel prend le sens de : « qui survit dans la mémoire des hommes », puis « qu’on suppose ne jamais pouvoir finir ».
De là vient l’immortelle, plante dont l’involucre ne change pas même lorsqu’elle se dessèche.
Depuis 1833, on appelle les académiciens les immortels, par référence au sceau portant la formule « À l’Immortalité », donné par Richelieu à l’Académie Française.

Les insolites des étymots en un clin d’œil.

Impeccable. Qui ne peut pas commettre un péché, au sens religieux, qui n’est donc pas sali.

Imposte. Un ou une ? Une ! Désigne la partie supérieure, fixe ou ouvrante, d’une porte.

Incarnat(e), adjectif de couleur, rose vif ou rouge, rappelant celle de la carnation, de la chair.  

Interlope. Nom ou adjectif, désuet.  Dont l’activité n’est pas légale. Idée de fraude, fraudeur.
 

Villaume

Commentaires (2)

1. Monique Villaume (site web) dimanche, 02 Septembre 2018

Merci Christine, j’ai aussi du plaisir à écrire ces articles et j’essaie de le partager.

2. STOCK Christine samedi, 01 Septembre 2018

Merci, c'est avec plaisir que je lis votre rubrique, nous en apprenons des choses sur l'étymologie des mots, c'est passionnant !

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