JeuxdemotsJuillet aout 22018 1

Dubourg daniel 4
par Daniel DUBOURG

J’ai fait Sciences-po

J’ai fait Sciences-po pour apprendre à ne pas maltraiter la mienne, parce que j’y tiens et qu’elle est le capteur le plus important de mon corps. Par contre, je ne détesterais pas avoir quelqu’un dans la mienne et, en ce cas, serait-il nécessaire d’en changer ? Et puis, entrer dans celle d’un autre personnage pourrait me séduire. Je ne voudrais pas non plus que quelqu’un me la fasse et que je n’aie plus qu’oripeaux pour vêtir.
Certaines fois, mon cerveau reptilien m’alerte de la nécessité de changer de peau et donc, de me préparer à une mue, pour qu’elle ne rétrécisse pas, ni ne s’amenuise au point de se faire peau de chagrin, ce qui me rendrait triste.

J’ai fait Sciences-po pour ne pas en manquer, car ce ne serait pas de bol : je risquerais de boire la tasse !

J’ai fait Sciences-po pour apprendre à gommer la peau d’orange à la plage, pour conserver une peau de pêche lorsque j’y vais ; pour éviter toutes sortes de tracas qui me couvriraient d’une peau de lézard, de crapaud, voire de crocodile, et me désigneraient de facto comme un produit manufacturé de luxe. On m’a dit que je courais le risque d’être une peau de vache assortie de la certitude d’être un dur à cuir.

Je n’ai pas fait Sciences-po pour me vêtir d’une peau d’âne ni pour vivre aux frais de la princesse, parce que j’aurais épousé un roi.

Encore une fois, je constate que de telles études pourraient bien me mener à jouer les godillots avec le risque que l’affaire soit dans le sac.

J’ai fait Sciences-po, pour bien savoir comment essuyer des pots cassés, découvrir les pots aux roses, assécher les pots-de-vin, assouplir les vieilles peaux et prendre soin des vieux, souvent fêlés, mais excellents pour la soupe et la cuisine électorale ! D’ailleurs, je veillerai à préparer la soupe au pot, au potiron, là où iront mes amis. Sans oublier la poule d’Henry. Mais je garderai jalousement tous les pots-pourris venant enrichir mon univers musical, tout comme, en amoureux des oiseaux et des étangs, j’aimerais avoir l’appeau sur les eaux. En contrepartie, j’élimine définitivement un pot revenu, que je perçois mal.

J’ai fait Sciences-po pour la politesse qu’il faut éviter de griller.

J’ai fait Sciences-po pour l’appeau des oiseaux et leurs plumes qui me sont si utiles pour tenter d’écrire des textes au poil, des textes à frire, des textes à lire au coin du feu, tout près du poêle.

J’ai fait Sciences-po pour la navigation fluviale en Italie.

J’ai fait Sciences-po pour plein d’autres pots : les potards, les poteaux, les pots-mots, les pots-mares, les pots-cibles, les pots-lots, les pots-lits, les pots-lares, les pots-nés, les pots-pays. Sans compter les pies-pots, les veaux-pots, les draps-pots, les choux-pots, les chats-pots, les antres-pots…

J’ai pas fait Sciences-po à Beyrouth, mais à Pau, pas à pas, peu à peu, parfois peu ou prou.

Même si Sciences-po paye, je ne veux pas payer ceux qui ont été cassés ! D’ailleurs, je préfère manquer d’argent et ne pas vendre celle de l’ours que je n’ai aucun désir de tuer. De plus, pour ce faire il faut du temps ; et celui-là aussi serait à tuer, selon les dernières informations. Quant à vouloir la peau de quelqu’un… Que voulez-vous que j’en fasse ?

Enfin, j’ai fait Sciences-po.

Repos !

Dubourg

Commentaires (2)

1. Alain vendredi, 31 Août 2018

Bonjour,

Super, cha-pot bas, c'est l'a-pot-théose

2. Lisette dimanche, 01 Juillet 2018

Bravo Daniel de faire travailler mes méninges, à cette heure, c'est rude !! Superbe texte à lire lentement tant les jeux de mots sont nombreux (je n'ai pas compris la totalité !). Bonnes vacances et à bientôt. Bisous en duo pour deux.

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