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Bosmaher angeline 02

Angeline BOSMAHER a vu pour vous...

Three Bilboards

Film de Martin Mc Donagh,
Genre : policier/drame/
Acteurs : Frances MacDormand, Woody Harrelson, Sam Rockwell

Affiche threebilboards

Le moins que l’on puisse dire, c’est que “ça déménage” !!!!
Après avoir perdu sa fille, violée, assassinée, une mère, Mildred, va au combat avec la rage du désespoir afin de harceler la police trop laxiste à son goût. Sa première action consiste à placarder sur les trois panneaux publicitaires plantés à l’entrée du village un message sans concession pour interpeller le chef de la police et l’inciter à poursuivre son enquête sans résultat jusqu’à présent. En guerrière, elle affronte tous ceux qui constituent une entrave à son dessein. Les flics, son fils, son ex-mari. Elle n’hésite devant rien et peut se montrer extrêmement agressive verbalement et physiquement.
Elle se heurte à des personnages complexes tout en se révélant elle-même ambigüe : à la fois courageuse, pugnace, mais aussi égoïste sans une once d’empathie pour le chef de la police, un brave type malade d’un cancer et condamné à court terme.

Néanmoins la psychologie des personnages n’est pas figée et c’est avec finesse que le Martin Mac Donagh décrit leur évolution. Sa plus belle réussite est le flic subalterne tout d’abord présenté comme fainéant, infantile (car toujours sous la tutelle de sa mère), raciste et homophobe violent. Cependant, brûlé lors de l’incendie du poste de police (fomenté par Mildred !), sa souffrance le rend plus humain et plus apte à se pencher sur le sort de ses semblables. C’est cette générosité toute neuve qui le pousse à provoquer une bagarre dans un bar avec un homme qu’il entend se vanter d’avoir récemment violé une jeune fille. Il parvient à le griffer pour lui soutirer son ADN, mais aussi à relever son numéro d’immatriculation.
C’est ainsi que les deux personnages les plus antagonistes du récit, la mère avide de vengeance et le flic incompétent se rapprochent au point de prendre en filature ce violeur potentiel qui n’est pourtant pas, selon les analyses biologiques, le coupable recherché par Mildred.  
Dans l’attente d’une résolution partielle de cette quête du violeur, la fin du film laisse néanmoins le spectateur sur sa faim. Le metteur en scène propose une leçon de modération refusant une haine vengeresse trop dévastatrice. Le dénouement montre donc des êtres plus apaisés, dépouillés de leur brutalité première.

Un film magnifique et puissant, un beau portrait de femme insoumise et guerrière.

Bosmaher 2

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