Jeuxdemots03-mars-1.jpg2018 1

Dubourg daniel 3
par Daniel DUBOURG

Pas de quoi rire sous cape...

Vous en conviendrez, il ne se passe pas une seule journée sans que nous ayons le souci minimal de notre tenue vestimentaire. En effet, même si l’habit ne fait pas forcément le moine, mais que, pourtant, ils s’épousent parfaitement l’un l’autre, force est de constater qu’il est souvent préférable, voire indispensable, par rapport à des règles sociales et à des contingences météorologiques, de se vêtir, plutôt que d’aller nu comme un ver.

Dès le matin, en avalant un jus de chaussette dans la précipitation, il faut choisir sa chemise, en étant assuré que nous allons la mouiller, à moins que nous ne nous contentions d’hydrater le maillot, si nous savons ne pas nous y prendre comme un manche, à moins que ce ne soit la Manche, toujours délicate à traverser au réveil, surtout si nous ne savons pas en faire des effets !

Encore dans les brumes du sommeil auquel le réveille-matin vous a arraché(e), vous rêvez peut-être d’exploits professionnels, de promotions suggérées, hasardeuses. Vous vous imaginez en état de réussite totale et déjà en train de vous pousser du col, sans une once de prétention, parce que vous pensez avoir réalisé le coup d’éclat de la journée. De deux choses l’une : il s’agira d’une réussite ou d’un échec. Dans le premier cas, vous n’hésiterez peut-être pas à vous mettre sur votre 31, le soir où dès le lendemain, pour fêter cela. Et, en plastronnant juste ce qu’il faut, vous irez vous en jeter un coup derrière la cravate. Champagne pour tout le monde !

À l’inverse, si le succès ne vous a pas souri, peut-être vous fera-t-on porter le chapeau d’un échec et, en ce cas, vous en aurez votre claque, ras la casquette et vous ne finirez pas la journée en haut-de-forme. Cependant, pas de quoi se casser le bonnet…

Rassurez-vous, vous ne serez pas forcément mis à pied ni même traité comme une vieille chaussette qui fait profil bas et qui a coutume de traîner la savate. Votre amour-propre aura peut-être été éprouvé, mais pour autant, vous n’aurez pas le sentiment d’avoir pris la veste de votre vie, comme cet homme politique qui en a par-dessus la tête, un soir d’élection où il n’a pas été l’heureux élu, surtout si vous avez eu l’adresse de mettre votre supérieur dans votre poche sans avoir besoin de lui cirer les pompes, car vous abhorrez l’hypocrisie.

 En tout état de cause, gardez votre calme et évitez de manger votre chapeau à la moindre remarque. Quant à faire dans votre culotte comme un enfant peureux, mieux vaut ne pas y penser.  Finalement, soyez sincère. Montrez que vous n’êtes pas à côté de vos pompes et que vous aviez bien réfléchi à votre projet, que votre idée était fondée, votre initiative justifiée. Surtout, n’attrapez personne par le paletot, de colère. Montrez calmement que vous en avez dans la culotte et que vous n’êtes à la botte de personne. Cette fermeté vous servira, contrairement à ce que vous pourriez penser, car un employeur, un supérieur, n’affectionne pas forcément un collaborateur qui aime être à sa botte, simplement par souci de garder son emploi ou d’être promu. Soyez ferme et montrez que vous savez ce que vous voulez, que vous n’êtes pas le genre de personnage à retourner sa veste. Surtout, ne parlez pas de rendre votre tablier, même si vous vous êtes fait remonter les bretelles.

En ce genre d’occasion, beaucoup de patrons et d’employés à un poste de responsabilité savent se montrer féroces, et excellents à tailler un costard, dès lors qu’ils exercent un petit pouvoir, parce que c’est souvent une manière de compenser une autorité qu’ils aimeraient bien avoir à la maison, mais qui, malheureusement, leur est catégoriquement refusée, vu que c’est l’autre personne du couple qui porte la culotte.

Nous le savons bien, beaucoup de choses circulent sous le manteau. On parle de licenciement, de chômage ? Point d’affolement. Évitez de distribuer des manchettes à tour de bras, parce que vous êtes frustré(e), demandez aux idées déprimantes de vous lâcher les baskets, mettez des gants pour dire les choses et, si ça vous botte, allez faire un polo. Ce n’est peut-être pas tout de suite que vous serez obligé(e) de faire ceinture...
 

Dubourg

Commentaires (4)

1. Dubourg Daniel mercredi, 07 Mars 2018

Merci, Monique, Edith et Serge pour vos sympathiques billets !

2. Serge beyer mercredi, 07 Mars 2018

À brûle-pourpoint, je ne saurais que te dire : Chapeau ! Tu t'es vraiment cassé le bonnet, retroussé les fameuses manches pour ne pas les tremper dans l'encrier. Tu nous a retourné la tuque au cours de ton vide-dressing. On attend aussi bien dans le prochain numéro ! Allez, ne t'angoisse pas, sois détendu du string, je suis sûr que tu seras bien inspiré !

3. Edith Prot jeudi, 01 Mars 2018

J'aime beaucoup ! Impossible de te tailler un costard sur ce coup-là !

4. Villaume Monique (site web) jeudi, 01 Mars 2018

C’est amusant comme nous sommes complémentaires dans nos rubriques de ce mois ! Et nous ne nous sommes pas concertés, je l’atteste ! Merci pour ce vestiaire de mots ! Tiens, 7 h 45, je cours m’habiller !

Ajouter un commentaire