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Par Angeline BOSMAHER

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Juste une ombre
de Karine GIEBEL

Prix Cognac du polar francophone en 2012

Juste une ombre

Née en 1971, Karine Giebel est originaire du Var où elle vit toujours. Après une scolarité sans histoire, elle poursuit des études de droit, tout en cumulant plusieurs emplois : surveillante d’externat, pigiste, photographe pour un petit journal…
Actuellement, elle est juriste dans la fonction publique territoriale et s’occupe des marchés publics au sein d’une communauté d’agglomération.
Ses deux premiers livres sont publiés aux éditions "la vie du rail" et elle poursuit son aventure au "Fleuve noir" et chez "Pocket". En huit romans souvent récompensés, Karine Giebel s’est fait une place dans le thriller psychologique.
Parmi les plus célèbres : Meurtres pour rédemption, sélectionné pour le Prix Polar Cognac, Les morsures de l’ombre, récompensé par deux prix, dont le prix Polar SNCF en 2009. Parmi les plus récents : De force, paru en 2016 et Toutes blessent, la dernière tue, en 2018

Cloé Beauchamp est une femme comblée. Elle est belle, intelligente, et malgré sa propension à l’arrogance, tout semble lui réussir : la séduction, l’amitié, la carrière surtout lorsque cette ambitieuse s’apprête à remplacer le directeur de l’agence de pub où elle travaille. Mais un jour, un grain de sable va enrayer la mécanique parfaitement huilée de cette arriviste prête à fouler aux pieds tous les obstacles qui se mettront en travers de sa route… Juste une ombre qui la suit, lui laisse des messages, pénètre dans sa maison, au plus près de son intimité au point de la rendre folle de terreur. Si son entourage la croit réellement aliénée, elle se débat comme une forcenée contre l’individu invisible qui transforme son existence en un terrible cauchemar.

À moins qu’un ex-flic, un cabossé de la vie dont la femme handicapée agonise, n’accepte de l’aider. Y parviendra-t-il ???

« Tu te croyais forte. Invincible. Installée sur ton piédestal, tu imaginais pouvoir régenter le monde.
Tu manipules ? Tu deviendras une proie.
Tu domines ? Tu deviendras une esclave.
Tu mènes une vie normale, banale, plutôt enviable. Tu as su t’imposer dans ce monde, y trouver ta place.
Et puis un jour…
Un jour, tu te retournes et tu vois une ombre derrière toi.
À partir de ce jour-là, elle te poursuit. Sans relâche.
Juste une ombre.
Sans visage, sans nom, sans mobile déclaré.
On te suit dans la rue, on ouvre ton courrier, on ferme tes fenêtres.
On t’observe jusque dans les moments les plus intimes.
Les flics te conseillent d’aller consulter un psychiatre. Tes amis s’écartent de toi.
Personne ne te comprend, personne ne peut t’aider. Tu es seule.
Et l’ombre est toujours là. Dans ta vie, dans ton dos.
Ou seulement dans ta tête.
Le temps que tu comprennes, il sera peut-être trop tard… »

Lire Karine Giebel, c’est se mettre en danger d’addiction. Elle sait frapper fort, happer le lecteur dans un univers souvent pervers dont il est difficile de s’extirper, sauf à tourner les pages avec frénésie pour connaitre la suite de l’histoire et s’y engluer davantage. Juste une ombre est un thriller psychologique d’une grande intensité, installant dès les premières lignes, un climat d’angoisse, de paranoïa, de suspicion, posant d’emblée un questionnement propre au genre fantastique : l’héroïne est-elle réellement soumise à un cruel harcèlement psychique ou, victime névrotique, imagine-t-elle cette situation ? Le lecteur hésite, se prend à douter et se laisse piéger dans l’univers délirant de l’auteur… Jusqu’au final hallucinant.
Les personnages principaux s’y coulent, s’y noient comme dans une rivière sans fond. À côté de la névrosée Cloé, il y a le flic borderline Gomez, mais surtout "l’ombre" manipulatrice qui tire les ficelles de ses marionnettes, des victimes sélectionnées par ses soins. Qui est cette ombre sans visage ? Le lecteur devient enquêteur en essayant de l’identifier parmi les personnages secondaires souvent forts et attachants qui défilent au cours des pages. Karine Giebel s’ingénie à semer des indices pour mieux brouiller les pistes et rendre son récit encore plus tortueux et torturé.
La fluidité parfois teintée de poésie de son écriture est un puissant vecteur pour emporter tous les lecteurs dans son monde imaginaire.
Si dans un endroit désert, vous regardez un peu trop souvent par-dessus votre épaule, si au cours de la nuit, vous vous réveillez à cause d’un bruit bizarre ou que vous allumez la lampe pour vous rendormir, c’est que le virus Giebel a réussi sa contamination. Vous avez mordu à l’hameçon. Juste une ombre, juste une tuerie !

À déconseiller aux personnes seules et émotives.
Bonne lecture !!!

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