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Lagneau patrick
par Patrick LAGNEAU

 GRAND CONCOURS PLUME D'AUTOMNE 

Pour fêter le 100.000e visiteur sur notre site, nous vous proposons un concours qui durera tout ce mois de novembre.

Le principe : dans le texte ci-dessous intitulé « Annie Aubertin » sont cachés phonétiquement de nombreux noms d’auteurs et illustrateurs de PLUME. Pour vous mettre sur la voie, prenons la réplique du proviseur dans ce texte :

« Monsieur François ne viendra plus. Je vous présente notre nouveau membre du corps professoral : Annie Aubertin. Elle sera dorénavant votre professeure de français. »

Dans cette phrase se cache le nom de l’auteur du texte… L’avez-vous trouvé ? Non ? Alors le voici :

« Monsieur François ne viendra plus. Je vous présente notre nouveau membre du corps professoral : Annie Aubertin. Elle sera dorénavant votre professeure de français. »

Phonétiquement, à haute voix, vous entendez : « Lagneau ».

C’est le principe du concours. Comment jouer ? C’est simple.

  1. Recherchez dans le texte le plus de noms possible parmi ceux du tableau de notre répertoire sur le site.
  2. Lorsque vous pensez avoir trouvé tous les noms cachés dans le texte, envoyez vos réponses par courriel à contact@association-plume.fr en citant les noms des auteurs trouvés suivis de l’extrait du texte dans lequel vous les avez repérés. Exemple : LAGNEAU (du corps professoral : Annie Aubertin).
  3. L'auteur LAGNEAU ne devra évidemment pas faire partie de la liste proposée puisqu'il est cité ici comme exemple.


Celui ou celle qui aura trouvé la liste complète en premier (la date de réception du courriel faisant foi) recevra en cadeau
18 livres offerts par des auteurs de PLUME, d'une valeur globale de plus de 250 € qui lui seront remis lors du salon « Plume d’Automne », le 16 décembre 2018 à la salle des fêtes de l’Hôtel de Ville de Bar-le-Duc. Les livres seront dédicacés au nom du gagnant ou, à sa demande, à des personnes à qui ils souhaitent les offrir (Noël approche…).
Si personne ne trouve la liste complète, le gagnant sera celui qui aura trouvé le plus de noms en premier.

Les auteurs et illustrateurs de PLUME sont autorisés à jouer selon le même principe, mais ne peuvent concourir. Juste pour tester leur acuité visuelle, auditive et leur sagacité...
Combien seront-ils à relever le défi ? Et surtout qui sera le premier à trouver l'intégralité des noms cachés dans le texte ?
Un membre ou un non membre de PLUME?
Ou, à défaut, qui trouvera le plus de noms ?

Voici la liste des 18 livres à remporter :
Cliquez sur les livres ( Livre concours ) en face des titres
pour obtenir plus d'informations sur chacun d'eux

Titres Auteurs
 Les quatre saisons, c’est super  Livre concours  AMBARD Marie-Josée
Amour, Nature et Liberté Livre concours ANSELMET Fabienne
Atalante Livre concours BOSMAHER Angeline
Le temps des moissons 1910-1925 Livre concours CAILLY Noëlla
 Mémoires d’un labrador Livre concours CHALUMEAU Zaz
 Clair-obscur Livre concours DUBOURG Daniel
Pièges Livre concours DURAND Nicole
Je suis la sorcière Livre concours FRIGNET Joëlle
Contes et légendes de la Meuse Livre concours GEORGE Jean-Claude
Un jour peut-être Livre concours KRIKA Christian
 Page blanche pour roman noir Livre concours LAGNEAU Patrick
299 Livre concours LOMBARD Pierre
Protocole 654 Livre concours PROT Édith
Une lueur d’espoir Livre concours QUEMARD Jean-Luc
Chats errants Livre concours REBER Claudine
Méli-mélo d'expressions Français/Anglais Livre concours SOMOT Aliette
Ce que j’observe-Poésie pour vous Livre concours THOMAS Robert
La mémoire sentinelle Livre concours VILLAUME Monique


Si le gagnant (ou la gagnante) habite hors de Meuse, les livres lui seront expédiés aux frais de PLUME.
Le nom du gagnant (ou de la gagnante) et la solution seront publiés dans le Porte-Plume du 1er décembre, rubrique « Jeux de mots ». Le gagnant (ou la gagnante) sera contacté(e) au cours de la première semaine de décembre.

Fin de réception des courriels : 30 novembre à midi.

Tableau separateur 1

Annie Aubertin

    Nous sommes début janvier. Avec un froid de saison. Nous attendons sous le préau de notre école privée l’arrivée de notre professeur de français tout en discutant entre élèves de première. Une chose est certaine, aujourd’hui il est en retard. Finalement, le proviseur nous rejoint. Il est accompagné d’une femme d’une cinquantaine d’années, un panier sous le bras, vêtue d’un long manteau noir avec un col de fourrure et coiffée d’un chapeau bizarre que j’apparente à une chapka yiddish. Le proviseur nous invite à entrer dans le bâtiment. Nous gravissons les deux étages en échangeant à voix basse sur ce drôle d’oiseau, et nous enfilons le couloir. Nous pénétrons dans la salle Van Gogh les uns derrière les autres et, sur le parquet, marchons en silence jusqu’à nos places où nous nous installons. Le proviseur se place debout, derrière le bureau, la mystérieuse femme à ses côtés. Sans préparation psychologique et surtout sans explications, il nous annonce d’entrée :

   - Monsieur François ne viendra plus. Je vous présente notre nouveau membre du corps professoral : Annie Aubertin. Elle sera dorénavant votre professeure de français.

    Puis s’adressant à elle :

    - Je vous laisse avec vos élèves, Madame.
    - Merci, Monsieur le Proviseur.

    Et il s’éclipse sans un mot de plus, nous laissant pantois entre les mains de celle qui doit nous préparer à l’épreuve de français du bac. Comme tout bon potache qui se respecte, nous savons que nous allons la tester, mais nous allons rapidement nous rendre compte que c’est effectivement un drôle d’oiseau. Ce premier cours restera gravé dans nos mémoires.
Elle a des livres dans le panier qu’elle tient par l’anse. Elle met alors sur le bureau une pile d’une dizaine de bouquins, balaie la classe d’un regard inquisiteur, puis lance :

    - Nous sommes en cours de français. Donc, nous parlons français. Je ne tolérerai aucun mot non-inscrit dans le dictionnaire. Que d’ailleurs vous devriez lire ! Peu importe lequel. Le Larousse ou le Petit Robert transmettent le vocabulaire de notre langue. Je suis intraitable sur ce principe et je vous préviens de suite que je sévis au moindre écart de langage. Des commentaires ?

    Notre délégué de classe, élu à la majorité d’entre nous pour sa faculté à ne pas se laisser intimider par les profs, lève la main. Elle le repère.

    - Ton nom ?
    - Jolibois, Madame. Je suis le délégué de classe.

    - Je t’écoute…

    - Pourquoi ce sermon à votre première prise de parole ?

    Un léger sourire se dessine sur ses lèvres et elle répond, sans s’énerver :

    - Ce n’est pas un sermon. C’est juste une mise au point pédagogique afin de vous préparer au mieux à l’oral de juin. C’est en forgeant que l’on devient forgeron. C’est en vous exprimant correctement tout au long de l’année que vous épaterez vos examinateurs. Merci pour ton intervention, Jolibois. Nous allons pouvoir maintenant commencer…

    Elle se tait quelques secondes, les yeux fermés, comme pour chercher l’inspiration.

    - Lorsque nous entrons pour la première fois dans une bibliothèque, le premier livre en général que l’on attrape, roman, essai ou recueil de poésie, nous marque à tout jamais. Pour moi, ce fut un livre d’Edmond Rostand. Qui peut me dire quel est son chef d’œuvre et me citer le nom de son personnage incontournable du théâtre français ?

    Nous sommes plusieurs à lever la main. Elle passe la parole à un élève au hasard.

    - Cyrano de Bergerac ! C’est un homme au gros nez que l’auteur lui fait comparer dans une fameuse tirade à un roc, à une péninsule.
    - Bien, mais dites grand nez ! Pas gros nez ! Ce n’était pas un clown…

    Devant la bévue, toute la classe s’esclaffe, rit niaisement, mais Annie Aubertin, d’un geste de la main autoritaire, impose aussitôt le silence.

    - Petite leçon : respectez toujours un de vos camarades qui prend la parole. Même s’il dit une ineptie, il a pris la parole. Vos réactions peuvent transformer cette tentative en expérience négative et le marquer à vie. Donc, on le respecte. Parlez-moi plutôt maintenant des auteurs que vous lisez.
    - Al Gore ! lance un de mes camarades.

    - Al Gore n’est pas un auteur littéraire au sens propre. C’est un homme politique américain qui a rédigé un manifeste écologique pour la planète. Citez-moi plutôt des romanciers français qui vous ont plu !

    - Guillaume Musso, Marc Lévy…

    - Ne me parlez pas de Musso, ni de Lévy. Ce qu’ils écrivent, c’est du roman de gare, du remplissage de cerveau par du vide ! Je sais que cet avis, peu d’entre vous le partagent. Or je persiste et j’assume. Je ne vous demande pas de me citer des auteurs qui écrivent des polars ni, comme vous l’imaginez, des romans à l’eau de rose. Non, citez-moi par exemple du Bourget, Paul Bourget, avec « Le démon de midi », Rousseau, avec…

    - M’dame, Rousseau, c’est dépassé, c’est du passé…

    - Bravo pour ce paronyme, jeune homme, mais désolée de te contredire, Rousseau modernise la littérature en 1761 avec son roman épistolaire « Julie ou la Nouvelle Héloïse ». Et Tolstoï ? « Guerre et paix »... Rares, sûrement, sont ceux qui parmi vous l’ont lu…

    - Non, M’dame, moi, je l’ai lu. Et ça m’a plu. D’ailleurs, je compte bien le relire…

    - Et tu as raison. Comme le dirait Bergson « Vivre, pour l'esprit, c'est essentiellement se concentrer sur l'acte à accomplir ». Ton acte à accomplir, à toi, c’est de relire ce livre qui t’a plu. Jamais ne remets tes relectures au lendemain ! Fais-le quand l’envie te vient. Mais dans tous les cas, il faut lire. Tenez ! Laissez-vous donc emporter par Balzac qui, en quatre-vingt-dix tomes a écrit « La condition humaine ». Je ne vous demande pas de lire l’intégralité. Commencez par « Le père Goriot » ou « Le colonel Chabert ». Vous aurez un bon aperçu du style de l’auteur.

    - Hou là ! Vous imaginez le prix que ça doit coûter de tels pavés, lance mon voisin sans avoir été invité à prendre la parole.

    - On ne choisit un livre ni au prix ni au nombre de pages. Juste se laisser guider par le plaisir de la découverte. Et puis qui t’a dit de les acheter ? Les bibliothèques regorgent de perles de la littérature. Vous pouvez même y lire des bandes dessinées. Même un album illustré fait beaucoup pour la culture de l’individu.

    - M’dame, je peux vous poser une question ?

    - Je t’écoute…

    - Mon grand-père m’a dit que je devais lire une auteure que je ne connais pas. Que dois-je lire d’elle ?

    - Une bien belle chance que d’avoir un grand-père qui incite à la lecture ! Comment s’appelle cette auteure ?

    Fier de lui, l’élève lâche dans un souffle :

    - Céline !

    Ricanements dans la salle, vite enrayés par le geste imposant de la prof.

    - C’est un homme et Céline est son patronyme. Louis-Ferdinand de son prénom. Un auteur sujet à controverses. Il est permis de se demander quelle force créatrice anima Céline pour rédiger « Le Voyage au bout de la nuit » et écrire ensuite ses méprisables pamphlets antisémites ? C’est juste une réflexion personnelle. Je te conseille malgré tout de lire « Le voyage au bout de la nuit ». Bon, poursuivons…

    Elle prend un à un les livres de la pile qu’elle a constituée sur le bureau au début du cours.

    - Dans les auteurs incontournables, signalons Barbey d’Aurevilly avec ses œuvres romanesques complètes en deux tomes, Musset avec « Lorenzaccio »…

    Un de mes camarades lève la main.

    - Oui ?
    - J’ai lu des commentaires sur cette pièce de théâtre. Elle ne fait pas l’unanimité…
    - On a tout dit de « Lorenzaccio », tout et son contraire. Musset a dû se retourner dans sa tombe plus d’une fois.

    Elle saisit un troisième livre.

    - Ah, tiens, celui-ci est également indispensable. « Bel ami » ! Qui, il faut que je sache, a lu Maupassant et notamment cette œuvre-là ?

    Personne ne se manifeste.

    - Bon, eh bien, nous avons du pain sur la planche ! C’est grâce à la lecture que vous développerez votre imaginaire.

    Elle soupire et prend le livre suivant sur la pile.

    - Il suffit de se plonger dans Barjavel, que ce soit « La nuit des temps » ou « Le grand secret » pour comprendre le sien.

    Un autre livre…

    - Lisez « La métamorphose », ce chef d’œuvre qu’a écrit Kafka pour comprendre le châtiment imaginaire qu’il s’inflige…

    La sonnerie de fin de cours retentit.

    - Bon, pour terminer, comme nous approchons de l’Épiphanie, nous commencerons à étudier dès la semaine prochaine le dernier Bruno Tessarech, « La galette des Rois ». L’auteur, même s’il parle fève, reconnaît que son roman en est justement dépourvu. Vous le trouverez facilement. Il était en librairie dans les bacs lundi dernier.
    - M’dame, les internes pourront-ils sortir pour l’acheter ?
    - Demandez au proviseur dont il vous faut l’accord de principe… Vous pouvez y aller…

    Comme des mouches, les élèves s’envolent de la classe. Cette prof-là m’interpelle. J’ai envie de la titiller, de la mettre en porte à faux. 

    - Excusez-moi !
    - Oui…
    - J’aimerais vous poser une question…
    - Je t’écoute…
    - Pourquoi le tableau « L’origine du monde » de Courbet, hier, a-t-il été censuré par Facebook…
    - C’est une des inepties du monde d’aujourd’hui. N’aie aucune crainte ! Je suis certaine que Facebook passera en justice et sera débouté pour cette censure artistique.
    - Merci, M’dame, bonne journée !
    - À toi aussi !

    C’est ainsi que s’achève le premier cours d’Annie Aubertin, une enseignante qui marquera ma vie, j’en suis sûr…


Lagneau 1

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