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Par Daniel DUBOURG

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Dommages et hommages

On ne compte plus les méfaits et calamités en tous genres engendrés sous toutes les latitudes par l'être humain qui, dans son fonctionnement duel, sait aussi bien souffler l'amour que la haine, la joie que la tristesse, et j'en passe.

Ainsi, nous ne pouvons que constater les dommages considérables et récurrents engendrés par cette attitude. Inutile d'en établir une longue liste, car chacun d'entre nous la connaît globalement. Pour résumer, nous dirons qu'elle est essentiellement composée de drames divers. Bien sûr, les responsables, ceux qui perpétuent ce genre d'exactions s'ils sont minorités, savent faire tomber les têtes. Pour autant, bon nombre de nos frères humains sont utilisés (et parfois adhèrent !) à l'accomplissement de leurs sombres projets. Nous choisissons un chef, c'est tout de même pour qu'il décide et agisse, nom d'une pipe. D'holocaustes en carnages, toujours commis au nom du droit défini par un seul ou une poignée, donc justifiés et légalisés, nous ne cessons de condamner et de déplorer. J'écarterai de ce tableau peu réjouissant les prises de pouvoir autoritaires, qui sont un manquement à la démocratie.

Régulièrement, nous avons donc une pensée émue pour toutes les victimes qui ont péri, ici ou là, au fil de l'histoire ; et nous souhaitons que plus rien de semblable ne se reproduise. Nous rendons hommage. Rien de plus légitime et nécessaire, afin de remplir un devoir de mémoire, en expliquant à ceux qui ne savent pas, même si cela s'avère insuffisant pour certains et inefficace pour d'autres.

Dans une tout autre rubrique, nous trouvons d'autres hommages rendus à titre national, sur toile de fond différente, parce que ceux-ci sont loin d'être aussi dramatiques que les précédents, parce qu'ils honorent la mémoire de gens disparus, qui ont, d'une certaine manière, marqué leur époque, par des agissements n'ayant rien de guerrier.

Les hommages en question tiennent plutôt du domaine culturel. En effet, ils concernent essentiellement des gens du monde de l'art et de la culture populaire. Nous avons vu, ces derniers mois, s'en aller une foule d'hommes et de femmes plus ou moins connus et jouissant de plus ou moins de notoriété. Chanteurs, politiques, scientifiques, écrivains et autres acteurs. Bien entendu, pour des raisons diverses, certains d'entre eux peuvent être inconnus de beaucoup.

Alors, la popularité est-elle liée au genre d'art pratiqué par chacun, à son seul charisme, au talent qu'il a montré ? Qui de nous peut en juger objectivement ? 

Un exemple. La mort de l'écrivain Jean d'Ormesson a bien pu être éclipsée par celle de Johnny Hallyday. En même temps, l'auteur, malgré sa renommée, était-il aussi connu que le chanteur ? D'une manière générale, un chanteur est-il toujours plus connu qu'un auteur ?
Un autre exemple. On peut se demander pourquoi Jean Piat, acteur remarquable, n'a pas eu d'hommage national. Sans doute était-il bien moins connu que Charles Aznavour. Il est vrai que trop peu de gens l'ont vu jouer dans « Les rois maudits », entre autres.
Qui va définir et choisir les critères d'un hommage national ? Qui va décider de rendre cet hommage ? Autant de questions qui peuvent avoir leur importance. Et pas que culturellement parlant. Qu'en pensez-vous?

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