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Serge BEYER a vu pour vous...

STREET-ART
Paris XIIIe

(Toutes les images peuvent être agrandies d'un clic)

Street art 1

En octobre dernier, « la voix » au téléphone me suggéra :
« Lors d’une visite du quartier de Montmartre proposée par Paris Zigzag, avec une amie, j’ai découvert de superbes œuvres de street-art aux détours des ruelles du quartier. J’aimerais bien en savoir un peu plus. Des visites guidées spécifiques sont organisées dans le treizième arrondissement, ça te dirait ? »
L’idée était surprenante, le caractère de la proposition original, l’expérience plus que tentante.
Une rapide balade sur le site internet et la lecture de commentaires extrêmement élogieux suffirent pour qu’une heure après, les places soient réservées !
Après un p’tit déj' sympa dans une brasserie Place d’Italie, il nous suffit de traverser le rond-point pour gagner le lieu de rendez-vous, l’Hôtel de Ville. Et c’est sous le bleu lumineux du ciel d’automne, au milieu de futurs mariés très joyeux que le guide accueillit la dizaine de personnes prêtes à le suivre. Le street-art s’inscrit dans la vraie vie !
Et ce fut génial !

Street art 3 Street art 2 Street art 4

Véritable musée à ciel ouvert, cet arrondissement offre effectivement les plus grandes fresques de cet art dans la capitale.
Pendant près de deux heures, qui passèrent très rapidement, de la Place d’Italie à la Salpêtrière, nous avons découvert les métamorphoses de cet art à travers des œuvres confidentielles ou monumentales en constante évolution, parmi lesquelles des dizaines de murs entiers peints par les plus grands street-artistes du monde : Obey, C215, D*Face , Inti, Shepart Fairey, Faile, Pantonio, et bien d’autres…
Pour les avoir rencontrés, regardés travailler, pour avoir échangé sur leurs démarches créatrices, Théo, le guide passionné, passionnant, drôle, habitant le quartier, a su nous donner des clés pour mieux appréhender cet art, en comprendre les codes et  les nombreux messages qu’il génère.

Street art 5

Le guide, avec son accord, devant une œuvre de Conor
Harrington. À vous d’interpréter cette
"Étreinte et lutte"
comme étant conflictuelle ou fraternelle.

Je ne vous retransmettrai pas tout ce qu’il nous a confié, conté sur chacun d’eux et sur les œuvres croisées. Je vous laisse le soin de les découvrir sur place, en live !
Je partage simplement avec vous quelques clichés, en espérant vous donner envie de découvrir cet art et un autre visage de Paris. Vous ne verrez plus jamais les fresques urbaines avec le même regard !

Street art 6 Street art 7 Street art 8

Ce gamin qui a priori ne fait que lancer une boule de peinture sur le mur est sans doute une des allégories les plus évocateurs du street –art. Pejac, son auteur, avait prévu de peindre tout autre chose. Mais en réalisant que la voie s’appelait rue Edouard Manet, il n’a pu résister à concrétiser une idée gardée secrètement dans un coin de sa tête. Quand on connait l`histoire du tableau de Manet et ses titres originaux,  le symbole est  évident.
Depuis, certaines œuvres comme celles d’Invader sont même allées dans l’espace après avoir envahi la planète. L’affiche Hope, conçue par Shepard Fairey, bleue blanche et rouge elle aussi, a symbolisé la campagne présidentielle d’Obama.

  Street art 9 Street art 10 Street art 11  

Ces mots de C215 résument bien tout le chemin parcouru à coups de bombes de couleurs, de pochoirs, de pinceaux et autres techniques :

« C'est à Paris que j'ai vu mon premier graffiti. Nous y venions en voiture avec mes parents lorsque j'étais enfant, pour nous rendre le plus souvent aux puces de Clignancourt. C'est ensuite que la passion du graffiti m'est venue, vers mes 14 ans. À l'époque, il n'y avait alors ni internet ni fanzines et, bien sûr, je n'avais pas de photos de ces graffitis. C'est donc avec le souvenir imprécis de ces dessins que j'entrepris, sous influence, de faire les miens. C'était en 1989 à Orléans. En 2010, je fus arrêté pour vandalisme, puis jugé. J'eus le plaisir d'entendre un procureur s'improviser critique d'art, tenant mon premier livre en main, et me promettant, faisant fi du passé, un bel avenir. En 2013, j'ai peint un mur de vingt-cinq mètres de haut représentant un chat à la station de métro Nationale à Paris. Je suis très fier que mon parcours s'inscrive dans l'histoire du graffiti et de l'art urbain de cette capitale » (propos tirés du livre La monographie de C215 aux éditions Albin Michel)

Si par hasard, une voix vous proposait au téléphone, dès le printemps prochain, ou avant : « Une découverte des œuvres de street dans le 13e, ça te plairait ? » dites OUI !
Je peux même vous donner quelques adresses pour l’après-visite...


Beyer

Commentaires (2)

Soizic
  • 1. Soizic | mercredi, 30 janvier 2019
Bonjour
La "fenêtre" était bien étroite, ce matin, pour profiter de ces créations hors normes, plaquées sur la ville, dans la lumière particulière au temps de neige, si rare dans Paris.../ Merci pour vos explications, qui en donnent un éclairage supplémentaire, et comme un contact virtuel avec les créateurs de ces fantaisies/ Elles furent petites images enfermées dans un esprit et s'étalent, gigantesques et rieuses... Quel talent!
Villaume Monique
  • 2. Villaume Monique | mercredi, 02 janvier 2019
Merci Serge pour ce beau reportage. Je vais certainement pouvoir en profiter tout bientôt mais sans guide officiel. Je vais donc manquer une partie de la fête, tout en me laissant imprégner par cet esprit de quartier. La sensation avant l’intellect, comme dans les expos immersives, c’est bien aussi! Et j’'attendrai le printemps pour faire le parcours avec un guide!

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