Lombard pierre9 histoires meusiennes2024

Par Pierre LOMBARD

 

 L'âne qui parle  

“S’il te plaît, Papounet, raconte-moi une histoire, je n’arrive pas à dormir... et puis j’aime tellement les choses que tu inventes...
- Ce que j’invente ? C’est vite dit ça, ma piote biquette... Dis-toi bien que l’on n’invente jamais rien... On adapte, c’est tout !

- On adapte ?

- Ben oui, quoi... on part toujours de la réalité ou du moins de faits qui nous semblent réels et on en garde ce qui nous convient...

- Le meilleur ?

- Souvent oui, mais parfois, on peut aussi avoir envie de ne garder que les choses les plus sombres ou les événements les plus drôles... ça dépend du moment, de l’humeur, des circonstances...

- Alors, raconte-moi une histoire amusante qui me fasse rire et rêver !

- Oh là ! Comme tu y vas ! Tiens, je vais te raconter une histoire tout ce qu’il y a de plus vraie ! Elle se passe il y a bien longtemps... moi, j’étais encore tout minot... pour être plus précis, c’était en 1944, pendant la seconde guerre mondiale...

- Oh non, Papounet ! Je ne veux pas une histoire de guerre : c’est trop triste !

- Mais qui te dit que mon histoire va être triste ? C’est vrai que la guerre est une véritable plaie qui entraîne la misère et la mort mais tu dois savoir que pendant les périodes de guerre, envers et contre tout, la vie continue et quelquefois de manière cocasse... Bon ! Et puis arrête de m’interrompre tout le temps sinon je n’arriverai pas à te raconter l’histoire de l’âne qui parle...

- Un âne qui parle ? Promis, Papounet, je me tais et je t’écoute...

- Eh bien, voilà... J’étais donc tout gamin dans mon village de Lorraine et en face de notre ferme vivait Albert. C’était sûrement un brave homme mais tu sais comment sont les enfants... nous n’étions pas très gentils avec lui. Pour tout dire nous étions même franchement odieux... Quand je pense à ceux qui disent : dans mon temps... et bien ce n’était pas mieux ! Donc nous nous moquions d’Albert parce qu’il était bossu et qu’il était... Comment dire ? un peu simple...

- Qu’est-ce que ça veut dire ?

- C’était un peu l’idiot du village quoi. Tu sais, à cette époque-là, on ne plaçait pas facilement les gens dans des asiles de fous - des centres hospitaliers spécialisés - qu’ils appellent ça maintenant ! Et presque chaque village avait son idiot ou sa demeurée. Bien souvent ces gens-là n’étaient absolument pas dangereux et parvenaient à accomplir des petites tâches agricoles qui leur permettaient de vivre à peu près décemment... Ils étaient non seulement acceptés par la société mais souvent pris en charge, tandis que maintenant, il faut cacher les handicaps : ça fait peur et ça renvoie probablement à ceux qui se croient normaux leurs “défauts” intérieurs... En ce temps-là, tant que les parents étaient là, tout le monde vivait sous le même toit, mais où cela se gâtait, c’était lors de leur disparition, car les simplets se retrouvaient souvent tout seuls, faute d’avoir rencontré l’âme sœur et pourtant, je crois qu’on était moins difficile à cette époque-là qu’aujourd’hui pour se marier... Bref, notre Albert avait perdu père et mère de bonne heure et comme son unique frère était mort au front en 1916, il avait vite appris ce qu’était la solitude. Mais je ne crois pas qu’il en souffrait vraiment et je me demande s’il ne l’avait pas apprivoisée...

- Comme le Petit Prince avec son renard ?

- Oui c’est un peu ça... Mais dis-donc, je vois que tu as de bonnes lectures, toi ! Donc notre Albert avait apprivoisé sa solitude comme ton Petit Prince avait apprivoisé son renard et il avait organisé sa vie autour de cette solitude. Depuis longtemps, il avait compris qu’il ne trouverait jamais de femme qui veuille de lui à cause de sa bosse et du fait qu’il n’était pas bien malin...  A défaut de la compagnie des humains, il soignait celle des animaux et prétendait ne pas y perdre au change... Après tout, des fois, je me demande... Nous, les gamins du village, on aimait bien aller l’espionner car il parlait aux animaux. Oh bien sûr, la plupart des gens et surtout les paysans parlent à leurs bêtes, mais pour Albert, c’était tout différent !

- Pourquoi donc ?

- Eh bien, tout le monde disait que ses animaux lui répondaient, qu’ils discutaient vraiment avec lui, quoi !

- Mais, c’est pas possible !

- Pas possible ? Alors écoute bien la suite... Tous les matins, ses moutons l’appelaient en criant : “Albeeeert, Albeeeert, Albeeeert...” et invariablement Albert venait les voir pour leur apporter l’eau et les croûtons et tous les matins il les appelait les uns après les autres pour tailler une petite bavette avec eux...

- Mais tu rigoles, Papounet... S’il s’était appelé Robeeeert... ou Gilbeeeert... ou Norbeeeert... ça aurait marché aussi !

- Oui, ben, peut-être, mais en tout cas, Albert était bien persuadé que ses moutons lui causaient et il n’était pas le seul à le croire... Les gens du village en étaient tous convaincus et va savoir s’ils n’avaient pas raison. Les gens simples ont souvent des capacités que les autres n’ont pas, une sensibilité particulière, un sixième sens... Alors pourquoi Albert n’aurait-il pas parlé à ses animaux... Parce qu’il n’y avait pas qu’à ses moutons qu’il faisait la causette, hein !...

- Avec qui parlait-il ?

- Avec tout ! Il parlait à tous les animaux, bien sûr... aux vaches, aux araignées, aux lapins, aux poissons... tout je te dis... mais aussi aux plantes et aux arbres. Je suis bien certain que lorsqu’il abattait un charme pour faire son bois de chauffage, il lui demandait pardon et lui expliquait pourquoi il devait le couper et je suis sûr aussi qu’il faisait de son mieux pour lui faire le moins mal possible. Et en hiver, à chaque fois qu’il mettait une bûche dans sa cheminée, il remerciait l’arbre qui le réchauffait... Dans son jardin, il parlait chaque jour à ses légumes ; pendant qu’il les sarclait, les binait ou les arrosait, il leur demandait de leurs nouvelles et savait ainsi tout de suite si quelque chose n’allait pas. Il avait d’ailleurs le plus beau jardin de tout le canton ! Et lorsqu’il mangeait ses radis, ses carottes ou ses salades, là aussi il exprimait sa gratitude. Pour les hôtes de son verger c’était la même chose : il surveillait amoureusement la floraison, la pollinisation et la fructification de chacun de ses arbres, il les encourageait, savait si un parasite ou une maladie les perturbait, connaissait leur besoin ou leur manque en eau, en lumière, en chaleur... Et là encore, les fruits qu’il récoltait faisaient bien des envieux. A chaque tarte, à chaque pot de confiture, à chaque verre de gnôle, il avait une pensée reconnaissante pour l’arbre qui lui avait donné ses fruits. En fait, il était profondément respectueux de la vie sous toutes ses formes et ses protégés le lui rendaient bien car, comme il s’occupait parfaitement de son jardin, de son verger et de ses animaux domestiques, tout son petit monde semblait parfaitement heureux et prospérait tranquillement...

- Mais dis donc, Papounet, c’est un véritable conte de fée que tu me racontes là !...

- Si tu veux, mais c’est pourtant la réalité... Et tu vois, je regrette à présent de m’être moqué d’Albert quand j’étais mioche. Bien sûr, on ne se rendait pas compte de ce que l’on faisait et on se faisait entraîner par les plus grands, mais tout de même...

- Et lui, il ne vous grondait pas ?

- Eh bien, non, même pas ! C’est vrai ça... quand j’y pense, je me dis qu’il aurait pu nous houspiller ou nous courser avec un bâton ou avec sa fourche... mais non, soit il nous ignorait, soit il nous regardait avec son bon regard d’honnête homme qui n’a rien à cacher, ni aux autres, ni à Dieu, ni à lui-même... Il nous regardait et il hochait doucement la tête et là, je ne sais pas pourquoi, nous arrêtions nos stupidités... Jusqu’à la prochaine fois... Franchement, je crois qu’il était incapable de la moindre méchanceté. Tiens, pour te donner un exemple, il était chasseur, comme à peu près tous les hommes du village à ce moment-là ; mais lui, contrairement à beaucoup d’autres, ce n’était pas un “viandard”...

- C’est quoi, un viandard ?

- Eh bien, c’est celui qui ne va à la chasse que pour tuer et ramener le maximum de viande chez lui, pour se gaver, pour stocker et quelquefois même pour jeter... n’oublie pas qu’il n’y avait pas les congélateurs à l’époque dont je te parle... Non, Albert était un respectueux, comme je te l’ai dit, il ne tirait donc que sur le gibier qu’il était sûr de tuer car il avait horreur de blesser une bête qui risquait fort d’aller mourir au fond d’un fourré et de gâcher ainsi une vie. Il ne tirait donc qu’à coup sûr et pas sur n’importe quoi ! Comme il arpentait la forêt à longueur d’année, par tous les temps et à toutes les saisons, il connaissait quasiment tous ses habitants. Pas un trou de blaireau, pas une bauge de sanglier, pas une coulée de lièvre ne lui étaient inconnus. Il savait l’adresse de chaque bestiole, il était informé de chaque rencontre, de chaque naissance, de chaque accident ou maladie et tu penses bien que lorsqu’il tirait sur une bête, ce n’était jamais sur des jeunes reproducteurs ou des femelles pleines, mais sur des sujets âgés, malades ou en surnombre. Et puis il se limitait à ses besoins : lorsqu’il tuait un chevreuil, il savait bien qu’il ne pouvait pas tout consommer seul car, même en hiver, la conservation n’était pas illimitée, alors il découpait la bête, la laissait rassir, puis partait faire sa tournée. Il emballait chaque morceau de viande dans une grande feuille de chou, en emplissait sa musette puis démarrait son périple. Il avait son circuit, invariable, de “clients”. Il commençait toujours par la Jeanne, continuait par la Guiguitte, puis le vieux Pol, l’Alfred et la grosse Anne, qui ne pouvait plus beaucoup marcher. Le rituel était immuable, Albert plaçait un de ses "colis" derrière un volet, tapait trois coups secs au carreau et disparaissait dans la brume de la fin d’automne. Jamais il ne voyait les destinataires de ses paquets, jamais il n’était question d’argent... seulement, de temps en temps, l’Albert trouvait derrière ses volets une chemise, un couteau ou un panier de bolets... On a sa pudeur, à la campagne et puis, on ne veut pas être redevable... Mais dis-moi, ma biquette, tu n’es pas fatiguée ?

- Ah non, sûrement pas ! Et puis, tu ne m’as pas dit que tu allais me raconter l’histoire de l’âne qui parle ? Parce que, pour l’instant, on n’en a pas encore vu la queue !

- C’est vrai, au moins, toi, tu suis ce que je te dis ! Alors venons-en à notre bourricot. Comme tu as pu le comprendre, chez Albert, c’était, comme dans toutes les fermes à cette époque-là d’ailleurs, une vraie petite ménagerie. Chaque exploitation avait ses chiens et ses chats, qui n’étaient pas seulement considérés comme animaux de compagnie, mais surtout comme gardiens, auxiliaires de chasse ou meneurs de troupeaux pour les chiens et prédateurs de souris, mulots et autres lérots pour les petits félins. Ensuite on trouvait les animaux “alimentaires” : la basse-cour, qui fournissait les œufs, la volaille et les lapins ; le cochon, animal emblématique de la campagne lorraine qui a inspiré le dicton “tout est bon dans le cochon” car, en effet, les paysans d’alors utilisaient tout dans le porc : le cuir, les os, les dents, les soies... rien ne se jetait ! Et pour le lait, il y avait les chèvres et les brebis pour les plus modestes et, c’était un signe extérieur de bien-être, pour ne pas dire de richesse, une ou plusieurs vaches. La troisième catégorie d’animaux de la ferme était constituée des bêtes de somme...

- Pourquoi, elles dormaient ?

- Mais non, pas du tout ! On appelle ainsi les animaux qui travaillent, qui portent des charges ou qui tirent des attelages... Les chevaux, les bœufs, les ânes et les mules... Bref, les ancêtres des tracteurs, quoi ! Mais pour en revenir à Albert, on ne peut pas dire qu’il faisait de l’élevage à proprement parler puisqu’il ne vendait rien. Tout était donc pour sa consommation personnelle. Aujourd’hui, on dirait qu’il vivait en autarcie, c’est à dire qu’il produisait à peu près tout ce dont il avait besoin et n’achetait pratiquement rien à l’extérieur. A cela, venait s’ajouter un subtil système d’échanges et de services dont je t’ai parlé tout à l’heure avec le gibier... Albert élevait donc quelques poules, des canards et des pintades pour les jours de fête, des lapins qu’il bichonnait avec amour, une chèvre qui lui permettait de fabriquer son fromage et de boire un peu de lait frais, il engraissait un cochon par an et n’avait comme bête de somme, qu’un petit âne gris, qui s’appelait Edmond, en souvenir d’un vieil oncle, ancien Maire de la commune, qui avait, parait-il, la caboche aussi dure que la dalle de granit qui recouvrait aujourd’hui sa tombe. Albert s’entendait bien avec Edmond et, comme de juste, discutait souvent avec lui. Ils pouvaient rester des heures à tchatcher pendant qu’ils travaillaient ensemble... Lorsqu’ils débardaient le bois avec le petit tombereau ou lorsqu’il ramenaient le foin tout odorant qui enivrait autant Edmond que son maître... Vue de l’extérieur, la scène était comique car seul Albert semblait parler, mais on était loin d’un monologue : l’homme marquait des pauses, observait les réactions de son âne, notait ses bruits et ses gestes et le bourricot, lui aussi, attendait les silences de son patron pour souffler, hocher de la tête, gratter la terre de son antérieur droit ou parfois pour braire comme dans un éclat de rire... Cette connivence était connue dans tout l’arrondissement et tout le monde avait l’habitude de désigner Edmond par “l’âne qui parle”...

- Elle est belle ton histoire mais il ne se passe pas grand-chose...

- Attends un peu, j’y arrive ! Bon sang, vous, les jeunes, vous êtes toujours pressés ! Donc, comme je te l’ai dit au début, cette histoire se passe en 1944, à l’automne quarante-quatre pour être plus précis et pour que tu comprennes bien la suite, il faut que je te resitue le contexte historique : nous sommes à la fin de la seconde guerre mondiale qui dure depuis cinq ans, l’armée allemande a essuyé de sévères défaites sur tous les fronts et pour les gens du village d’Albert, la vie continue bon gré, mal gré... Albert, lui, était trop vieux pour être mobilisé et il a observé cette drôle de guerre, témoin de la folie des hommes, de très loin, et comme il vivait dans son petit monde, ce conflit n’avait pas eu beaucoup de conséquences sur sa vie de tous les jours... Je te disais donc que l’armée allemande était mal en point et que les régiments du Reich battaient en retraite les uns après les autres. Or, des troupes allemandes étaient cantonnées dans la bourgade voisine, commandées par un officier qui n’avait aucun scrupule et qui était conscient que l’heure du départ était imminente. Il mettait donc à profit ses dernières heures pour amasser un trésor de guerre qui assurerait sa fortune lors de son retour en Bavière. Il avait, comme beaucoup d’autres, volé des bijoux et des œuvres d’art à des familles juives qu’il avait fait déporter. Cet officier avait également entendu raconter l’anecdote d’Albert et de son âne qui parle. Il décida de vérifier ces rumeurs et de ramener ce bourricot bavard à ses enfants. Il se rendit le soir même avec une escorte de quatre hommes chez Albert. Celui-ci était en train de soigner ses lapins et s’inquiéta assez peu de l’arrivée bruyante de la voiture de l’officier, flanquée d’un side-car. Ce n’est qu’aux premiers aboiements de l’officier allemand que le paysan délaissa ses fauves de Bourgogne :

- Nous cherchons Monsieur Albert ! Est-ce vous ?

L’officier parlait un français impeccable, presque sans accent.

- Qu’est-ce que vous lui voulez à Monsieur Albert ?
- C’est vous ou ce n’est pas vous ?

L’officier était très nerveux, il avait l’air pressé et n’avait pas le temps de jouer aux devinettes...

- Oui, c’est moi, c’est à quel sujet ?
- Nous venons pour votre âne !

- Pour mon âne ? Mais qu’est-ce qu’il a fait ?

- Il n’a rien fait, nous voulons le voir et savoir si c’est vrai ce que l’on raconte en ville...

- Ah bon ? On parle de mon bourricot en ville ? Et qu’est-ce qu’on dit de mon brave Edmond ?

- Edmond ?

- Oui, c’est le nom de mon âne, c’est à cause de mon oncle qui...

- Je n’ai pas de temps à perdre avec vos fadaises, Monsieur Albert ! On raconte que vous parlez avec votre âne, est-ce vrai ?

- Bien sûr que c’est vrai, mais il n’y a pas qu’avec lui...

- Et est-ce qu’il vous répond ?

- S’il me répond ? Ben, deux fois plutôt qu’une, oui !

- Allez me chercher votre âne !

- Maintenant ?

- Tout de suite ! C’est un ordre !

Les soldats qui accompagnaient l’officier sentaient l’énervement qui gagnait leur supérieur. Le plus grand des quatre bourra le canon de sa mitraillette dans les côtes d’Albert pour le faire avancer plus vite.

- Oh ! C’est bon ! J’y vais !

Albert revint avec Edmond au bout d’une longe. L’officier lui ordonna de parler à l’âne...

- Ben qu’est-ce que vous voulez que je lui dise ?... ça va Edmond ?

L’âne gratta la terre.

- Il va bien, oui !
- Vous vous foutez de moi ?

- Non, pourquoi ?

- Vous m’avez dit que votre âne parlait !

- Ben il m’a répondu, là...

- Je vous ordonne de faire parler votre bourricot, Monsieur Albert, ou bien cela se passera très mal pour vous !

Albert, qui commençait à en avoir assez de ce guignol hurlant et gesticulant, eut soudain une drôle d’idée :

- Vous n’avez qu’à lui soulever la queue et vous l’entendrez peut-être parler !

L’officier le regarda, incrédule, puis, bravant sa crainte du ridicule, tendit la main vers la queue de l’âne pour la soulever. Lorsqu’elle fut bien haute, l’âne lâcha un terrible pet, suivi d’un braiment à tout rompre. L’officier lâcha les crins et, cramoisi, hurla en allemand après ses hommes qui n’avaient pas pu contenir leur fou-rire...

Le Grand-Père s’arrêta.

- Elle est trop bien ton histoire, Papounet ! Je la raconterai demain à mes copines !
- Oui maintenant il faut dormir ma petite poulette... Il est tard...

- Bonne nuit, Papy Jean !

- Bonne nuit, Chloé...

Jean monta se coucher. Il se demanda si c’était mentir que de ne pas dire toute la vérité. Mais Chloé était encore si jeune... sûrement encore trop jeune pour apprendre que l’officier allemand avait saisi la mitraillette d’un de ses soldats et qu’il avait abattu froidement Albert et son âne avant de quitter définitivement la Lorraine le lendemain matin.

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