Dubourg daniel 626 plume retro22024

Une contribution d'un Porte-Plume du passé
Ce mois-ci, "In Plumo Veritas" d'octobre 2022
par Daniel DUBOURG

Afghanes

Entre coup de gueule et coup de cœur, la marge est étroite, puisqu’il s’agit de parler d’une situation sans prendre parti. Non qu’il faille observer une stricte neutralité, mais simplement parce qu’il faut essayer de comprendre pour éclairer une situation. En toute humilité, tenter de dire et d’expliquer que le problème est « ailleurs », plus complexe souvent que les clichés qui en sont l’infidèle, l’inexact ou le partiel reflet.

Au nom du Coran, ou au moins d’une de ses interprétations, la loi de la charia est imposée à toute une population placée sous contrôle « religieux » (religion d’État) par le fait d’hommes qui ont pris le pouvoir. Quel pouvoir ? Celui de décréter qu’eux seuls détiennent LA vérité qu’il est indispensable d’asséner à tous, surtout à toutes.
Dans cette situation, et à en croire les tenants du pouvoir (aussi bien spirituel, si l’on peut dire, que temporel), les femmes sont tenues d’obéir à LA Loi. On peut supposer que les hommes aussi, par souci de cohérence, surtout s’ils l’imposent.

En termes de liberté de penser, qui a le droit d’imposer, de dicter le seul chemin à suivre, en vertu de quelle règle venue d’où ?
En tout cela, quels sont les droits des femmes ? Leur parole est-elle entendue, écoutée ? Elles sont partagées. Il y a celles qui, consentantes, donnent raison à l’homme qui leur dicte la conduite à tenir. Il y a celles qui sont rongées et bâillonnées par la peur, qui ne se sentent pas la force de réagir, pour de multiples raisons. Enfin, il y a celles, moins nombreuses et figures de proue, qui bravent les interdits au péril de leur vie.
La liberté d’expression et de pensée en prend un coup, et avec elle, celle de s’affirmer dans la différence.

Les Afghanes comptent pour du beurre. Méprisées, soumises, silencieuses, elles ne font que se conformer aux exigences imposées. Insoumises, elles sont à mettre au silence, sous l’éteignoir, au ban du penser juste, parce qu’elles ne correspondent pas au profil féminin que veulent imposer les tenants du pouvoir, profil qui, selon eux, serait donc dessiné dans le Coran.

Mais enfin, si chacun, chacune doit faire son chemin dans la recherche de la vérité, si chacun, chacune a le droit de penser ce qu’il veut, faut-il interdire le questionnement qui, quelle que soit la religion ou la pensée philosophique, est indispensable et légitime ?

Le dialogue de sourds est installé, les uns ne comprenant pas les aspirations des autres, si diamétralement opposées. Un énorme travail est à faire et personne ne peut l’accomplir à la place des personnes concernées.
L’intolérance est le nœud de l’affaire. Et une fois de plus, elle prend le visage d’une répression antiféministe, celle qui interdit le droit de disposer de son être. L’intolérance interdit de mettre en doute, de critiquer, de choisir, de proposer. Il ne s’agit donc pas de savoir qui a raison, et pour quelles raisons, mais plus simplement de comprendre la nécessité de mettre en cause, en balance, ses conceptions individuelles souvent héritées de l’éducation reçue.

Quand on pense avoir raison, on ne s’interroge pas. On ne change rien afin de ne pas se mettre en péril. Et la raideur de la kalachnikov est là pour rassurer et en témoigner. Le bâton de feu est l’arme du mâle qui veut s’imposer au nom d’une religion. Qu’en pensent les Afghanes ?

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