Ecrits d hiver09-septembre-1.jpg2022

L'inclassable de

Dubourg daniel 6

Daniel DUBOURG

Monsieur Vivaldi

— Monsieur Vivaldi !

Quelqu’un vient d’appeler, derrière moi ! Je me retourne et je découvre un personnage tout sourire qui s’avance en me tendant la main.

— Vous m’avez appelé ?

— Oui, bien sûr ! Je vous ai reconnu de loin, quand vous êtes sorti de la Maison de la Presse, alors…

— Enchanté ! Mais moi, je n’ai pas le plaisir de connaître. Vous êtes... ?

L’inconnu m’interrompt :

— Vous êtes bien Monsieur Vivaldi, me fait-il, sourire en coin, sur le ton de la plaisanterie ?

— Ah ! mais pas du tout ! À qui ai-je l’honneur ?

— Vous ne me connaissez peut-être pas, mais moi, je vous connais de vue.

— C’est bien possible ! Vous savez… Mais pourquoi m’avez-vous appelé Monsieur Vivaldi, à l’instant ? Le virtuose n’est plus de ce monde depuis bien longtemps et je ne porte pas ce nom illustre.

Je m’apprête à prendre congé courtoisement quand l’homme, prolongeant son sourire malicieux, pose une main tout amicale sur mon bras, comme pour me retenir.

— C’était une plaisanterie, bien sûr ! Et si j’ai choisi de vous appeler comme ça ce matin, c’est parce que vous devez sans doute être comblé.

Je montre mon étonnement. Sur le moment, je ne vois pas trop ce qui pourrait me combler. J’ai, du reste, tant d’occasions de l’être que je m’y sens en permanence ! Même un peu plus depuis hier.

Et mon interlocuteur de reprendre :

— Vivaldi, c’est "Les quatre saisons, n’est-ce pas" !

— Je vois bien, et même, je l’entends bien !

Ce joyeux plaisantin matinal va réussir à me mettre en retard, avec ses devinettes énigmatiques. Et je ne comprends vraiment pas où il veut en venir. Le voilà qui reprend une belle :

— Alors, les quatre saisons : printemps, été, automne et hiver !

— Elles sont bien quatre et de plus dans le bon ordre ! lui répliquai-je sur le même ton.

Et mon gaillard de poursuivre :

— Alors, comme je vois que vous n’êtes pas branché, si je vous dis Verdun, Saint-Mihiel, Bar-le-Duc et maintenant Stenay, vous voyez mieux… Monsieur Vivaldi ? Les quatre saisons ! Une formidable façon de fêter le printemps !

Ça y est ! Je viens enfin de comprendre ! Je pars alors d’un grand rire qui fait se retourner les quelques passants proches. L’inconnu qui m’a bluffé rit autant que moi !

— Vous voyez ! À force de faire, PLUME a fini par marquer le territoire meusien, avec ses quatre salons saisonniers. C’est pas beau ça ?

— Si, bien sûr ! Et si j’en suis heureux, il y en a avec moi, qui le sont tout autant : celles et ceux qui ont peu à peu écrit la partition depuis bientôt 10 ans. Un travail collectif de fourmi ! En tout cas, vous m’avez bien eu, vous, avec votre "Monsieur Vivaldi" !

Cette brève rencontre s’achève subitement et je me réveille en sursaut. On vient de gratter à la porte. Sans doute les chiens qui demandent à sortir. Va falloir que je raconte ça aux gens de PLUME !

Bas pp gBas pp archives e

Lectures de cette page

Ajouter un commentaire