Plume oreille02-fevrier-1.jpg2021

Une chanson, les paroles, la vidéo d'un artiste,
le tout proposé par un auteur de PLUME

Moncey brigitte 1

Brigitte MONCEY
vous invite à découvrir...


Hommage à Anne SYLVESTRE


Anne sylvestre

Anne Sylvestre, de son vrai nom Anne-Marie Thérèse Beugras, est une chanteuse françaiseauteure-compositrice-interprète, née le 20 juin 1934 à Lyon 6e.

C’était une chanteuse populaire et féministe, une poète engagée. Ses textes et mélodies touchaient petits et grands en plein cœur. L’artiste vient de nous quitter ce 30 novembre à l’âge de 86 ans, après plus d’une soixantaine d’années d’une carrière enchanteresse.

Si Anne Sylvestre touche un public large, c’est parce que ses chansons s’adressent à tout le monde, ne laissant pas les enfants de côté. Pour preuve, ses fameuses Fabulettes, chansons à la fois humoristiques et sérieuses pour plus petits, qu’elle crée en 1962 et qui ressortent en 1987, sans oublier le conte musical Lala et le cirque du vent qu’elle écrit et compose en 1993. Elle travaille aux côtés de Boby Lapointe, monte une comédie musicale au Bataclan en 1989 (La Ballade de Calamity Jane) et n’hésite pas à mettre en avant les artistes qui se réclament de son héritage artistique, en chantant avec eux, que ce soient Yves JamaitRenan LuceAldebert ou Gauvain Sers. »

Très populaire dans les années 1960 et 1970, elle se produit à la télévision auprès d'artistes prestigieux de la chanson comme Georges BrassensBarbaraGeorges MoustakiBoby Lapointe.

Artiste engagée, autrice (dont l’essai Coquelicot et autres mots que j’aime) Anne Sylvestre profite de son statut d’artiste populaire plébiscitée par toutes les générations, pour interpréter des chansons aux thématiques fortes, comme le viol, les sans domiciles fixes, la guerre, le multiculturalisme ou l’homosexualité. Mais c’est surtout la cause féministe qui va occuper une bonne partie de son œuvre, entre humour et réalisme, avec des chansons poétiques telles que La Faute à ÈveLa Vaisselle ou Une sorcière comme les autres en 1975, date du début de la deuxième vague du mouvement féministe dans le monde occidental. Ses textes ciselés et ses musiques lancinantes avaient tout de la magie…

J’ai choisi « Les Gens qui doutent »,  une chanson parue en 1977 dans l'album « Comment je m'appelle ». Anne Sylvestre s'est exprimée sur l'origine de cette chanson : « Elle est née parce que je me trouvais aux prises avec des gens qui étaient remplis de certitudes et qui me cassaient les pieds. On continue sans cesse de me parler de cette chanson. Je n'aurais jamais imaginé qu'il y avait autant de personnes qui doutaient. J'aime bien faire des chansons pour rassurer les gens, les consoler. »

La chanson rend hommage aux personnes qui hésitent, prennent le temps de réfléchir et de se remettre en cause, et qui « passent pour des cons ». Elle leur reconnaît le mérite de s'opposer au confort des certitudes. Elle critique aussi ceux qui préfèrent la brutalité et récoltent les lauriers aux yeux du monde. Elle est dédiée aux discrets, aux laissés pour compte, aux oubliés de la grande et de la petite histoire, à ceux qui rasent les murs ». « Anne Sylvestre envoie ici valser les détenteurs de certitude et ce monde qui prône la performance en révérant les seconds couteaux et discrets. »

Les Gens Qui Doutent
par Anne Sylvestre

J'aime les gens qui doutent
Les gens qui trop écoutent
Leur cœur se balancer
J'aime les gens qui disent
Et qui se contredisent
Et sans se dénoncer

J'aime les gens qui tremblent
Que parfois ils nous semblent
Capables de juger
J'aime les gens qui passent
Moitié dans leurs godasses
Et moitié à côté

J'aime leur petite chanson
Même s'ils passent pour des cons


J'aime ceux qui paniquent
Ceux qui sont pas logiques
Enfin, pas "comme il faut"
Ceux qui, avec leurs chaînes
Pour pas que ça nous gêne
Font un bruit de grelot

Ceux qui n'auront pas honte
De n'être au bout du compte
Que des ratés du cœur
Pour n'avoir pas su dire :
"Délivrez-nous du pire
Et gardez le meilleur"

J'aime leur petite chanson
Même s'ils passent pour des cons

J'aime les gens qui n'osent
S'approprier les choses
Encore moins les gens
Ceux qui veulent bien n'être
Qu'une simple fenêtre
Pour les yeux des enfants
Ceux qui sans oriflamme
Et daltoniens de l'âme
Ignorent les couleurs
Ceux qui sont assez poires
Pour que jamais l'histoire
Leur rende les honneurs

J'aime leur petite chanson
Même s'ils passent pour des cons

J'aime les gens qui doutent

Mais voudrais qu'on leur foute
La paix de temps en temps
Et qu'on ne les malmène
Jamais quand ils promènent
Leurs automnes au printemps

Qu'on leur dise que l'âme
Fait de plus belles flammes
Que tous ces tristes culs
Et qu'on les remercie
Qu'on leur dise, on leur crie :
"Merci d'avoir vécu

Merci pour la tendresse
Et tant pis pour vos fesses
Qui ont fait ce qu'elles ont pu"


Et ci-dessous, la version interprétée par Albin de la Simone, Jeanne Cherhal et Vincent Delerm.

 

Moncey3

Ajouter un commentaire