Coinphilosophe201-janvier-1.jpg2021

Par Daniel DUBOURG
Dubourg daniel 6


L'engagement

Nouvel An est le jour chéri des résolutions, il pourrait être aussi celui des engagements.
Si la résolution est une décision individuelle et ponctuelle de changer quelque chose de son propre comportement, l’engagement apparaît comme une démarche plus profonde, ancrée dans le temps, consciente et volontaire, s’appliquant à des domaines où l’on se trouve en relation avec d’autres personnes. En ce sens, l’engagement est une participation active conforme à ses convictions profondes, à la vie sociale, politique, religieuse ou intellectuelle de son temps.
La frontière semble ténue entre les définitions de ces deux termes. Être résolu, c’est être décidé. S’engager, c’est décider aussi d’entrer « dans quelque chose ».
Il est sans doute indispensable de faire le point sur les engagements que nous prenons, d’évaluer notre degré d’implication, d’adapter nos stratégies et de choisir les outils les plus adéquats pour une réussite. Et pour individuel qu’il soit, l’engagement demeure souvent sujet d’échanges avec ceux qui le partagent.
Mais après tout, pourquoi ne pas appliquer la notion d’engagement à tout ce qui nous concerne ? Pourquoi faire de ce dernier quelque chose qui n’est pas forcément lié à un acte conscient et volontaire ?
Dès lors que nous sommes dans la vie, et pas seulement au premier jour de notre naissance, nous pourrions nous considérer comme engagés(es), mis sur une voie, la nôtre.
Bien entendu, rien n’indique forcément que nous arrivons là par un acte volontaire. Mais le chemin que nous allons suivre sera semé de situations successives, parfois fortuites nécessitant des engagements souvent rapides et impliquants.
Nous connaissons tous la littérature engagée, la chanson engagée, la vie associative engagée, la politique engagée… Pour autant, ceux qui se disent non engagés ne sont-ils pas de facto quand même engagés dans une voie ? Autrement dit, leur façon d’être, leur manière de penser, les options qu’ils prennent n’ont-elles pas une incidence non seulement sur eux-mêmes, mais encore sur le plan collectif ? La forme de « neutralité » apparente qui les caractérise n’est-elle pas en définitive un engagement qui ne dit pas son nom, sous prétexte de ne pas s’engager, de ne pas être étiqueté, référencé et réduit à quelques définitions ?
S’engager ne signifie pas forcément faire partie d’une chapelle dogmatique d’où sont exclues critiques et contestations. Se dire neutre et non engagé n’empêche pas d’avoir des idées et des opinions au même titre que ceux qui sont dans l’action et dans le choix de la défense d’idéaux.
Réfléchir à cette question n’engagerait à rien, n’aurait donc aucune incidence ? Pas si sûr !

Bas retour page precedenteBas pp archives e

Ajouter un commentaire