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Une chanson, les paroles, la vidéo d'un artiste,
le tout proposé par un auteur de PLUME

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Daniel DUBOURG
vous invite à découvrir...


La loutre

d'Angelo Branduardi

Branduardi

Angelo Branduardi est né le 12 février 1950 dans une petite ville de la province de Milan, Cuggiono. Sa famille s’installe rapidement à Gênes, où il étudie le violon au conservatoire Niccolò Paganini, avant d’être engagé comme soliste dans l’orchestre de ce dernier.
Il surgit sur la scène au début des années 80. Depuis lors, on peut aller l’écouter encore dans quelques salles. Mais il se produit plus rarement qu’autrefois. On le retrouvera bientôt à Padoue, Bologne, Varese, Milan…
Je me rappelle ce jeune homme léger et bondissant à l’abondante chevelure frisée passant de la guitare au violon et à la flûte traversière, distillant ses mélodies originales délicates et recherchées, tantôt douces, tantôt rythmées, toujours portées par des arrangements à couper le souffle. Sa voix légère, presque fragile vous emportait dans des rêves dont les textes ciselés vous ouvraient les portes. Il suffisait de fermer à peine les yeux et d’ouvrir les oreilles pour ressentir les premiers effets d’un bercement délicat.
Angelo Branduardi privilégie l’émotion à la technique pure d’écriture. « Si tu joues trois notes (une grave, une aiguë, une grave) et que tu demandes à un enfant de dessiner, il dessinera une montagne. Moi, je procède de la même manière. J’ai un son et je lui associe une idée, que ma femme traduit en paroles. »
Bien sûr, les chansons à succès s’enchaînent au fil des ans, toujours avec cette même veine poétique. Le chanteur est une sorte de feu follet pétillant qui souvent se pose, archet en main, sur des fleurs délicates ou sur l’aile du temps. Son épouse Luisa Zappa a composé bien de ses textes, mais Étienne Roda Gil et Pierre Grosz, Moustaki aussi, étaient ses paroliers attitrés.
Multi-instrumentiste (il a lui-même enregistré l’ensemble des instruments pour la musique du film Secondo Ponzio Pilato en 1988) l’auteur, compositeur et interprète, est un troubadour des temps modernes en raison de son style musical souvent proche des mélodies médiévales, de ses arrangements portés par des instruments de sonorités anciennes. Il chante en français, en italien, bien sûr, et dans plusieurs autres langues…
Citons quelques titres : La luna, A la foire de l’Est, La demoiselle, Le don du cerf, Il libro, Gulliver, Ronde sur la terre ronde (étourdissant !), Confessions d’un malandrin… Moins connues peut-être sont les mélodies des dernières décennies que l’on peut retrouver aisément. Angelo Branduardi a composé des musiques de films et des textes, des mélodies parfois intimistes, plus en relation avec le fonds traditionnel de son pays et une certaine ferveur religieuse, semble-t-il.

Il a interprété des textes de Serge Essenine, François d’Assise et a consacré un album complet à William Butler Yeats, poète irlandais, et obtenu le Ruban d’Argent de la meilleure musique en 1963.

Mais écoutons « La Volpe (la loutre) » en version française, par son auteur…

La loutre

J'entends là vibrer l'avenir
Et dans le vent frais l'odeur de la neige
Silencieuse sur le bois là-bas
Elle tombera...

Puis il gèle les arbres s'inclinent
Cette nuit je sais que la loutre viendra
Si elle passe notre frontière
Nos forêts de pièges...

Si elle reste là sur la berge
Museau au vent indécise
Elle s'arrête et puis, lisse alors sans bruit
Sa fourrure...

J'entends là vibrer l'avenir
Et dans le vent doux tombe la neige
Silencieux le fleuve gèlera
Et s'endormira...

Voiles noires, les grands corbeaux passent
Cette nuit, c'est heureux la loutre est venue
Elle repasse notre frontière
Nos forêts de pièges...

Puis elle reste là sur la berge
Museau au vent indécise
Elle s'arrête et puis sauve encore une fois
Sa fourrure...

 

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