President206-juin-1.jpg2020 1
 
 

Le monde d'après

On retrouve quelques bribes de liberté et on croit être des révolutionnaires…
Ah, le monde d’après !
Celui qui serait si différent de celui d’avant ! Il faut bien reconnaître que cette période devrait laisser des traces, pour ne pas dire des séquelles. Que ce soit dans l’inconscient collectif ou dans notre intimité, personne n’en sortira complètement indemne.

Alors, ce monde d’après, comment le voyez-vous ? Certains se sont enflammés en décrivant un monde idyllique, aux antipodes de ce que nous avons pu vivre, ou plutôt subir.
J’aurais tellement aimé qu’ils ne se trompent pas !
Malheureusement, je viens d’entendre ce matin à la radio les tendances de la Bourse… Pas terrible… Enfin, si, un gros avionneur et un groupe pétrolier énorme annoncent près de cinq points de hausse de leurs actions en une seule journée, donc tout va bien… Pas si sûr !
Et si tout se réinstallait comme avant, peut-être d’ailleurs d’une manière encore pire ? La crise sanitaire du COVID-19 n’aurait donc servi à rien ? Le grand capital sera-t-il toujours là pour broyer les humains afin de réaliser toujours plus de profits ?

Et pourtant, on pourrait aussi ouvrir les yeux, pour concevoir que les voisins sont bien des êtres vivants, dignes d’intérêt. On pourrait aussi réaliser que le petit commerçant du coin, qui nous a dépannés pendant le confinement, pourrait continuer à exister. On pourrait se rendre compte à quel point ceux qui sont les moins bien payés ont tenu un rôle important, voire primordial, durant toute cette crise et que, si le pays a résisté, c’est bien grâce à eux, les petits, les sans-grade, les anonymes… On pourrait également se dire que les élus et les technocrates n’ont peut-être pas tous rempli leur mission au mieux, en toute transparence, en toute honnêteté et en toute efficacité…
On pourrait aussi comprendre que les producteurs locaux fournissent des produits de bonne qualité, finalement pas si chers lorsqu’on utilise les circuits courts et que les grands lobbies internationaux ou le « made in China » n’est peut-être pas la seule alternative…

Et on pourrait enfin admettre qu’en termes de culture, personne n’est obligé de se soumettre aux effets de mode, en ne lisant que les auteurs « à la mode », bénéficiant des réseaux surpuissants des éditeurs, des diffuseurs et des médias. Ce serait l’occasion de découvrir des auteurs plus modestes, moins médiatiques, mais souvent passionnants et passionnés. Pour ce faire, vous avez fait le bon choix, en lisant le Porte-Plume, merci !

Lombard

Ajouter un commentaire