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Par Serge BEYER

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Dans un port, les fesses au bord du fleuve, le regard vers le large, le cœur naviguant déjà sous spinnaker…

Partance

L’été le long du fleuve a dénoué ses ris.
Dans le matin brumeux les chalands sont partis.
Chimérique suaire écrit sur le musoir,
Mon visage se tord aux rides du miroir.

Les oiseaux ont suivi les grandes barques blanches.
Effrangés, les haillons du ciel pendent aux branches.
Reste encore, étonnée, une grue inquiète
De voir sur le pavé traîner sa silhouette.

Matelots éclatants vous m’avez oublié.
J’entends vos chants jaillir au pied d’un manglier.
Moi j’ai déposé là mes rêves de marin,
Sur l’ancre abandonnée aux rouilles du chagrin.

Mais je sais que demain reviendront pour l’escale
Les coques suintant d’ivresse tropicale.
Alors je cinglerai vers un nouveau rivage
Eclaboussé de vent, seul debout sur l’étrave.

 

Beyer

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