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Par Daniel DUBOURG

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 Bob et le baron signent leurs pistes

1 timpelbach
« Les enfants de Timpelbach » avaient fini de confirmer tous les espoirs que nourrissait mon cœur d’enfant, quant à concevoir un monde merveilleux de partage et de responsabilité. Les gamins de ce village médiéval, abandonnés par leurs parents qui l’avaient déserté parce qu’ils n’écoutaient rien et commettaient bêtise sur bêtise, ont connu le sursaut nécessaire qui leur a permis de grandir et de se responsabiliser, étonnant ainsi plus d’un adulte. Ils ont géré la ville comme des grands, montrant de quoi ils étaient capables et se rachetant ainsi de leurs comportements de galopins. Bien sûr que toute cette histoire schématique, pas très réaliste est moralisante et basée sur une conception du bien et du mal. Mais il fallait, comme souvent, la vivre sous l’angle du symbole. Les enfants avaient su comprendre la décision parentale, et s’adapter

rapidement à la situation en faisant preuve d’imagination, d’esprit d’entreprise et de solidarité. Remettre une ville en marche ne constituait pas une mince épreuve qu’ils avaient réussi à surmonter.
On peut dire que cette situation romanesque est très proche de celles des héros de contes, que l’épreuve grandit et transforme.

 
Toujours dans la même veine, mais cette fois présentés de façon plus réaliste, les nombreux romans publiés dans la collection « Signes de piste » enthousiasmaient le lecteur vorace que j’étais déjà. Immanquablement, le héros, adolescent, se trouvait à chaque page, luttant contre l’adversité, tentant de trouver toujours des solutions à des situations sociales ou affectives délicates. Il était celui qui venait au secours des autres, jamais découragé et toujours désintéressé. Les filles avaient peu de place dans les histoires (ou alors, j’ai oublié) ; c’étaient a priori des affaires de garçons... À n’en pas douter, toutes ces épopées étaient dans le droit fil de l’esprit scout et portées, je pense, par un sincère désir de vivre un idéal et de fonder grâce à lui un

 

2 prince eric

monde meilleur, surtout à la sortie de la Seconde Guerre mondiale. Le moteur n’était autre que la grandeur d’âme et le dévouement. On ne sentait pas au fil du récit le moindre désir d’embrigader les esprits et la bravoure était sans cesse stimulée. 
Dans le domaine de la chanson, on a fait alors connaissance de William Lemit, dont couplets et mélodies ont fleuri dans d’innombrables colos, au moment du florissement des CEMEA (Centre d’Entraînement aux Méthodes d’Education Active) et des FOL (Fédérations des Œuvres Laïques).

 

3 bob morane

Un peu plus tard se sont présentées les aventures d’un autre personnage marquant : Bob Morane. L’homme, directement taillé dans le chêne massif, était capable des exploits physiques les plus inattendus et, en raison de cela, il n’était autre que l’aïeul des super — héros costumés que nous connaissons depuis quelques décennies. Il ne volait pas tout seul, réacteurs accrochés aux poignets et aux chevilles ni ne grimpait à mains nues le long des façades des gratte-ciel. Mais souvent en mission en des lieux exotiques et mystérieux de la planète, il était confronté à de graves dangers et devait cependant parvenir, au péril de sa vie, en bon aventurier, à dénicher des trafiquants ou à percer des secrets, quand il ne s’agissait pas

d’aventures encore plus rocambolesques dont toujours il sortait vainqueur, évidemment. Et c’était bien ce que désirait le lecteur haletant, juste soucieux de savoir comment il allait y parvenir.
 

Des héros, toujours des héros. Ils étaient là, démêleurs d’embrouilles, redresseurs de torts, enquêteurs subtils, pisteurs toujours vainqueurs, malgré les embûches. Du Bond avant l’heure, à l’époque où Le Baron d’Anthony Morton élégamment vêtu se taillait une place de choix dans les intrigues de la société mondaine.
La porte était désormais ouverte aux auteurs de romans policiers les plus divers, de Simenon à Agatha Christie, en passant par Frédéric Dard, Gaston Leroux et autres Edgar Allan Poe venus garnir en nombre mes étagères de bibliothèque.
Parfois je me dis que la littérature jeunesse est un trésor à partager, un tremplin vers toutes les formes de littérature. C’est sans doute banal et sans doute vrai.

4 baron

Dubourg

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