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Un film, un spectacle, une exposition, un musée...

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Angeline BOSMAHER a vu pour vous...

 LES MISÉRABLES
Durée 1h 42 - Sortie 2019
Genre : drame policier
Film de Ladj Ly
Acteurs : Damien Bonnard, Alexis Manenti, Djebril Didier Zonga

7 prix et 9 nominations
Grand prix du jury du Festival de Cannes

Miserables

Synopsis

Arrivé de Cherbourg, Stéphane intègre la brigade de Montfermeil dans le 93, un duo « d’expérience », aux comportements contestables. Il découvre les tensions entre les différents groupes influents du quartier des Bosquets : musulmans radicaux, faux repentis, faux maire laïc caricatural et les enfants des rues, des « microbes » souvent livrés à eux-mêmes.Le nouveau venu subit très vite son premier baptême du feu. Un lionceau a disparu du Cirque qui vient de monter son chapiteau. Les propriétaires, des gitans, réclament les coupables. Une enquête est lancée. Soupçonné, Issa, un gosse de la Cité est interpellé, mais l’opération tourne 

au fiasco : des jeunes s’interposent, un policier tire à bout-portant au LBD et touche le gamin à la tête.Un drone filme la scène : une bavure. La chasse au drone commence… Pour le pire… 

Commentaire

Film-choc, film coup de poing. La banlieue passée au tamis d’une caméra hyper réaliste. Le metteur en scène puise dans son vécu pour dérouler le quotidien des quartiers. Sans concession, sans manichéisme, il brosse des portraits au vitriol, peint un univers dégradé où les graffitis font office de badigeon.
Des premières images où la liesse d’une France black-blanc-beur exulte lors de la victoire des bleus à la Coupe du Monde aux dernières images ultraviolentes, les relations humaines se déshumanisent, la tension monte jusqu’à un point de non-retour.
Ou presque…
La dernière scène apocalyptique reste ouverte, capte le moment de bascule où tout peut arriver, un instant suspendu entre le révolver du flic (Stéphane) et le cocktail Molotov du gamin (Issa). La compassion qui a rapproché les deux personnages peu auparavant va-t-elle jouer son rôle ?
On voudrait y croire comme on voudrait croire à cette France multiethnique du début du film, drapée dans ses drapeaux, mais tellement idéalisée.
Difficile d’être optimiste.
Entre émotion et effroi, ce film suscite une interrogation alarmante sur le devenir de ce qu’on a coutume d’appeler « les territoires perdus de la République. »
Un chef-d’œuvre magistral sur le fond comme sur la forme dont la dernière phrase, citation de Victor Hugo, résonne comme une épitaphe :

« Mes amis, retenez, ceci, il n’y a ni mauvaises herbes, ni mauvais hommes, il n’y a que de mauvais cultivateurs. »

 

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