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L'inclassable de

Lacorde dominique 2

Dominique LACORDE

 

Père Noël

Toc, toc, toc… On frappe à la porte… C’est le père Noël. Il est vêtu de sa houppelande et sa barbe fleurie déborde sur son visage. Il est radieux, rougeaud, riant et souriant. Ses joues enflées lui donnent un air bonhomme. Sa hotte est remplie de cadeaux emballés. Des flots de toutes les couleurs débordent. Il a enfilé ses bottes de sept lieues pour parcourir le monde. Son attelage de neuf rennes attend devant, illuminant la rue d’un soleil resplendissant. Une aura couleur d’or envahit la maison. Le père Noël est là. Il existe, je l’ai vu. Tout à ma joie, je le salue :

— Bonjour, Père Noël !

Il me répond de sa voix grave :

— Bonjour mon enfant !

Mon cœur bondit dans ma poitrine. Je suis ébahi. Moi qui n’y croyais pas. Il est là, il est bien là avec son attelage. Interloqué je lui demande :

— Mais, Père Noël, je croyais que vous veniez par la cheminée…
— Mon enfant, je suis venu tout spécialement pour toi, car tu as été élu l’enfant le plus sage de l’année par tous les enfants du monde et ma hotte est pour toi.
— Entrez, Père Noël, ne prenez pas froid !
— Mais tu sais mon enfant que je vis au pôle Nord et que le froid ne me fait pas peur.

Le père Noël s’accroupit et se met à ma portée, souriant, m’entourant de ses bras paternels. Il se retourne, décroche sa hotte de son dos ; il la vide à mes pieds. Mes yeux sont ébahis. Je n’ai jamais, au grand jamais, vu autant de cadeaux rassemblés, emballés proprement. Il me regarde et me dit :

— Tout est pour toi.

Je m’assois au milieu de cette montagne de colis et j’en ouvre un, puis deux, puis trois, puis quatre…  Frénétiquement, je les veux tous : un camion, une grue, un garage, un livre de dessins, un meccano, une console de jeux, des jeux à profusion. 

Émerveillés, mes parents me regardent heureux de cette bonne fortune inattendue. J’en déballe encore et encore. Je suis enterré sous les cadeaux, les papiers, les flots. Quelle belle nuit de Noël !

Mais la vie est cruelle.
Je sens le froid qui me glace.
Je me réveille en pleurs, blotti contre ma mère qui m’entoure de ses bras maternels.
Ce n’est qu’un rêve.
Dieu n’est pas là pour moi.

Je suis abandonné.  

 

Lacorde

Commentaires (1)

Denis Laroque
  • 1. Denis Laroque (site web) | vendredi, 04 décembre 2020
Une chute cruelle qui nous invite à prendre en compte certaines réalités oubliées.

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