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Nos amis, Joëlle FRIGNET et Daniel DUBOURG, spécialistes des jeux de mots devant l'Éternel, ont décidé, au gré des Porte-Plumes et surtout de leur imagination débordante et de leurs envies, de faire cause commune, de mixer leurs neurones et leur esprit pétillant, pour vous offrir des échanges de lettres que vous pourrez lire dans cette rubrique. Pour savoir, d'un coup d'oeil, si la rubrique du mois propose échanges ou texte individuel, il suffira de regarder le portrait : soit FRIGNET, soit DUBOURG, soit...

Fribourg

... FRIBOURG


Auteur

Mme Louise Menveux
32 bis, impasse Thisse
Helley-sur-Delle
à   M. Gilles Gamaiche
rue Bicon
Lives-sur-Yvette

 

Helley, le 20 novembre 2019

Monsieur,

Depuis plusieurs semaines, je vous vois passer devant ma maison, chaque fois environ à la même heure. Le matin, vers huit heures ; et le soir, vers dix-huit heures.  

Je sais que vous accompagnez, non pas un, mais deux chiens, un tout noir et l’autre un peu doré avec de longues oreilles. Jusque-là, il n’y a rien à dire.

Par contre, j’ai remarqué que vous vous arrêtez régulièrement devant chez moi avec vos animaux. Et pendant cet arrêt, ces derniers font tranquillement leurs besoins dans le petit jardinet situé devant ma maison et séparé de la chaussée par un muret très bas. Vous attendez que les bêtes se soient délestées, en fumant une cigarette. Après votre passage fréquent et régulier, je suis donc obligée de sortir pour nettoyer. Je vous signale que mon petit bout de terrain n’est ni une sanisette ni un cendrier !

Jusque-là, je n’ai rien dit, pensant que cela ne durerait pas. À présent, je trouve que votre comportement dépasse largement les bornes. En effet, non seulement vous vous fichez des déjections de vos bêtes, que vous ne ramassez pas (et ce n’est pas parce que nous sommes à la campagne…), mais, en plus, vous ne vous préoccupez pas de l’endroit où elles font. Enfin, vous vous montrez narquois, car vous regardez mes fenêtres avec un certain sourire, à ces moments-là, comme si vous vouliez savoir si j’observe votre manège.

Pourquoi vous arrêtez-vous donc systématiquement devant chez moi avec vos deux chiens ? N’est-il pas possible qu’ils fassent leur crotte ailleurs, que vous envisagiez un autre itinéraire et que vous vous munissiez d’un sachet ?

Monsieur, ma patience a des limites. J’espère que ma demande sera entendue et que vous aurez à cœur de tenir compte de ces quelques remarques.

Salutations
L. Manveux

Auteur

M. Gilles Gamaiche
rue Bicon
Lives-sur-Yvette
à   Mme Louise Menveux
32 bis, impasse Thisse
Helley-sur-Delle

 

Lives-sur-Yvette, le 5 décembre 2019

Madame,

Par la présente, j’accuse réception de vos griefs qui m’ont profondément surpris !

Je ne vous apprendrai rien en vous rappelant que nos quartiers fraîchement sortis de terre ont été conçus de deux façons différentes. Dans votre commune qui jouxte mon quartier, on a construit un ensemble de maisonnettes, dans la mienne, un ensemble d’immeubles à un étage. J’ai personnellement opté pour la hauteur afin de ne pas sentir des regards sur moi.

Chaque jour, je rends grâce à ce promoteur qui a pris l’heureuse initiative de transformer ces champs de fraises en quartiers résidentiels ! La nature est belle, j’ai donc pris le parti d’agir pour la préservation de notre planète et j’aimerais communiquer ce besoin à mes animaux. Je pense y être en partie parvenu dans la mesure où je m’aperçois qu’ils dédaignent les trottoirs et préfèrent se soulager dans un carré d’herbe fraîche. Ce réflexe est positif pour mon projet et m’accompagne dans mes engagements.

Je m’explique : les sacs plastiques se révèlent désormais inutiles (vous n’êtes sûrement pas sans en connaître l’impact écologique). De plus, j’ai remarqué que derrière votre pavillon, vous avez eu l’heur de faire installer un composteur. Les déjections de mes petits chéris ne se retrouvent donc pas dans les poubelles municipales, ce qui en réduit le volume à recycler. Et pour vous, quoi de mieux pour enrichir votre compost ?

À cette pensée, mon cœur se gonfle de satisfaction, je me sens un peu comme le Père Noël qui vient de déposer ses cadeaux ! Et c’est un regard plein d’empathie que je tourne vers vos fenêtres…

Vous espérant solidaire de ma démarche citoyenne, je vous prie d’agréer, Madame, l’expression de mes meilleurs sentiments.

Un voisin qui vous veut du bien

Frignet   Dubourg

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