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Les étrennes

Quand j’étais enfant, avec mes frères et sœurs, nous attendions les étrennes avec impatience. Une semaine tout pile après Noël, nous avions droit à notre petite enveloppe qui contenait un billet, dont la valeur était proportionnelle à l’âge. Comme j’étais le dernier de quatre, j’ai toujours eu le sentiment de me faire gruger !

Mais d’où sort cette coutume ?

Eh bien, de fort loin…  C’est de Rome que nous vient l’usage du premier jour de l’an et des étrennes. En effet, il convenait de se rendre dans un bois consacré à Strenia, déesse de la force, afin d’y cueillir de la verveine, qu’on offrait ensuite aux magistrats de la ville.

En notre pays, la coutume des étrennes peut même être considérée comme antérieure à la conquête romaine. Les Celtes avaient quelque chose d'analogue à la verveine de la déesse Strenia : c'était le gui. Nous conservons de cette coutume l’expression « au gui l’an neuf ! »

Puis, la verveine tomba en désuétude. Elle fut remplacée par le miel, les dattes et les figues.

Et sous les rois et la république, on se mit à donner aux magistrats des médailles, des monnaies, de l'argent pour leurs étrennes… Il fallait être en bons termes avec eux, allez savoir ce qui pouvait arriver !

Le clergé a dénoncé ces coutumes. En effet, les étrennes, d'origine païenne, ont été condamnées comme pratique « diabolique » par Saint-Augustin.

Paradoxalement, le pouvoir issu de la Révolution française a également interdit ces pratiques, avec des raisons bien différentes, évidemment. Le 29 novembre 1789, l'Assemblée nationale constituante, considérant qu'il s'agit d'une forme de corruption, a décidé de supprimer les étrennes reçues par les agents de l'État : « À compter du 1er décembre prochain, il ne sera permis à aucun agent de l'administration ni à aucun de ceux qui, en chef ou en sous-ordre, exercent quelque fonction publique, de rien recevoir à titre d'étrennes, gratifications, vin de ville, ou sous quelque autre dénomination que ce soit, des compagnies, administrations des provinces, villes, communautés, corporations ou particuliers, sous peine de concussion… »

Des livres d’étrennes

Sous la troisième république, l’expression « livres d'étrennes » était couramment utilisée en France entre le milieu du XIXe siècle et au moins jusqu'à la Première Guerre mondiale pour désigner de « beaux » livres édités à cette occasion. Ils représentaient un important marché pour les éditeurs de l'époque qui ciblaient le jeune public. Une belle idée à remettre au goût du jour, n’est-ce pas ?

Et aujourd’hui ?

Cette pratique s’est transformée et concerne principalement le calendrier qui est proposé par les éboueurs, les pompiers, les facteurs… Mais comme tout est contrôlé et régenté par le fisc, il y a fort à parier que cet « avantage en nature » va bientôt être contrôlé, taxé et imposé…

À défaut d’étrennes, je me joins à tous les auteurs et illustrateurs de l’association PLUME pour vous adresser tous nos vœux de bonheur et de prospérité pour cette nouvelle année, durant laquelle, je n’en doute pas, le livre va encore tenir une place importante.

Bonne santé et bonnes lectures !

 

Lombard

Commentaires (1)

Soizic Hily
  • 1. Soizic Hily | jeudi, 02 janvier 2020
Heureuse année à Plume et à ses lecteurs☺

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