JeuxdemotsJuillet aout 22020 1

Dubourg daniel 6

par Daniel DUBOURG

 

Des nouvelles du front…

Gai Pierre,
Aimé Harry,

Si vous me voyiez, elles vous feraient un drôle d’effet, mes rides ! Sans un plan, j’ai fui Aureil toujours prise dans les bouchons, comme entre marteau et enclume ; je reviens d’Étampes et d’Yeu (pas de Lille, non ! ni d’un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître).
Afin de ne pas être capturé et incarcéré à la prison des Pommettes ou au fort de Joux, j’ai erré au pif, allant de port en port. Je me cache actuellement chez Édouard Nenez, un ancien officier de narine, complice, devenu commissure de peau lisse, qui était dans le coup, et qui vit à Menton dans un pavillon en compagnie d’un Tchouvache, Mansour. Je n’ai pas l’intention d’y prendre racine et de jouer les sédentaires ! Adam, son premier homme, demain, me filera des brosses à l’œil.

Pour passer le temps, je fais de l’appeau, Pierre, ou bien je lis Camus. Ça t’épate, ça t’en bouche un coin, non ! En m’enfuyant, j’ai bien eu conscience d’avoir laissé l’Emma choir, après l’avoir aidée de mon mieux à couper sa barbe, Harry !

Je suis sur les dents. L’Evre est sèche, car ici il fait un soleil de plomb ; alors je me promène en rasant les murs du palais près duquel on peut voir le bronze d’un gros tarin mutilé : où est le bec ? J’en connais une qu’a ri : la femme du Népalais d’en face, mauvaise langue, qui me dévisage dès qu’elle me voit ! J’essaie de faire bonne figure. Rien de bien ne se profile, mais que veux-tu que j’y fasse ! J’ai trouvé Laure alitée, triste d’avoir perdu son papy Gus Tati et ses oncles Otto et Rino. Enfin, je ne serai rassuré que quand Aude aura de mes nouvelles.

                                                            Louis

 

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