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Par Dominique LACORDE

Lacorde dominique

La leçon de morale à l'école autrefois
(Partie II)

Lecon de morale 2

Des exemples de leçons de morale, données chronologiquement pour l’année scolaire 1951-1952 telles qu’elles ont été notées au tableau à l’école de Romagne-sous-Montfaucon :

La politesse coûte peu et achète tout.

Prenez, dès le commencement de la vie, l’habitude de vous diriger selon la raison, la conscience, le devoir et non selon ce qui vous plait.

Le plus beau spectacle de la terre, c’est la conscience de l’homme de bien.

La conscience est un guide avant l’action et un juge après l’action.

Regarde au-dedans de toi, c’est là qu’est la source du bien.

À toutes les heures du jour, songe à te comporter en homme digne de ce nom.

Respecte en toi et dans les autres la personne humaine.

Eau froide, savon, air pur sont les meilleurs médecins.

Je gagnerai ma vie et je serai un homme : il n’y a pas de fortune au-dessus de cela.

Pour arriver à l’aisance, pratiquons la tempérance, la sobriété, le travail, l’économie.

Copier, c’est voler.

Soyez sincères, soyez francs : France, n’est-ce-pas le pays de la franchise ?

Sans propreté, pas de santé.

La langue d’un muet vaut mieux que celle d’un menteur.

Faute avouée est à moitié pardonnée.

Le souvenir des morts est un devoir sacré.

Gloire à notre France éternelle ! Gloire à ceux qui sont morts pour elle !

Tu as échoué, recommence !

Il faut que vous fassiez d’un poltron, un brave !

La vie la plus modeste est faite de labeur, de courage, et parfois d’héroïsme !

La vie, le malheur, la pauvreté sont des champs de bataille qui ont leurs héros.

Fais énergiquement ta longue et lourde tâche.

On a charge de soi, charge de s’achever, de se réformer, de faire de soi un homme.

Les véritables jours de fête pour toi, sont ceux où tu as surmonté une tentation ou chassé un de tes vices.

La femme est la providence de la maison.

Plus le logis est désagréable, plus le cabaret est fréquenté.

Labeur sans soin, labeur de rien.

Vingt fois sur le métier, remettez votre ouvrage.

Le travail a ses héros et ses martyrs.

C’est sur les genoux d’une mère que se forme ce qu’il y a de plus noble au monde : l’âme d’un honnête homme.

Que toujours votre mère soit au centre de votre vie.

Au-dessus de toutes les patries, il y a l’humanité.

Je suis homme et rien d’humain ne m’est étranger.

Toutes les richesses de la terre ne valent pas une vertu. (Platon).

C’est folie que de se fatiguer toute sa vie sans avoir un but à qui on rapporte toutes ses pensées, toutes ses actions. (Marc Aurèle).

Une belle vie, c’est une pensée de jeunesse réalisée dans l’âge mûr.

Famille ! O doux nid d’amour, source de l’humanité et de l’humain.

On n’élève pas une famille pour toucher des allocations car alors c’est un piteux calcul. On élève une famille pour faire son devoir.

« Maman », premier mot de l’enfant, dernier mot du soldat mourant.

Que jamais une larme dans les yeux de ma mère ne coule par ma faute.

L’impôt est une dette de chaque citoyen envers l’Etat.

Ô mon père et ma mère, ô mes chers disparus. (Pasteur).

Le bon fils respecte ses parents et cherche à leur faire plaisir par tous les moyens.

Je ne rougis pas d’être pauvre ; je rougirais d’être malhonnête.

La vie des malhonnêtes gens ne peut être une vie heureuse.

La politesse est comme le sourire de la vie.

Savoir se gêner est la première chose à apprendre.

La vie sans la bonté, c’est la terre sans le soleil.

J’ai fait un peu de bien, c’est mon meilleur ouvrage. (Voltaire).

Le bien qu’on fait parfume l’âme.

Le tabac alourdit la tête et rend la bourse légère.

Soyez vertueux et vous serez heureux. (Franklin).

Nous aimons la terre qui nous a vus naître, la petite patrie.

À cœur vaillant, rien d’impossible.

Tout homme qui est un vrai homme doit apprendre à rester seul au milieu de tous, à penser seul pour tous, et au besoin contre tous.

La morale se maintient pour les héros.

Bon pour les bêtes, bon pour les gens.

Les animaux sont nos frères inférieurs, soyons bons pour eux.

Qui bat les chiens n’aime pas les hommes.

Travaille : tu dois payer ta vie par tes travaux ; le paresseux vole la société.

Fais bien ce que tu fais.

Le travail, c’est l’homme tout entier, à la fois bras et cerveau.

Il n’y a pas de sot métier ; tout travail est noble et respectable.

Travaille et persévère, le travail profite à l’homme, au citoyen, à la Patrie.

Tous les travailleurs travaillent à créer le pain des hommes, pain du corps et pain de l’âme.

Dans tout travail d’équipe, les ouvriers sont solidaires de l’œuvre commune.

Que votre idéal dans la vie soit le travail utile et bien fait.

La vie de la mère de famille n’est que labeur et don de soi.

Pour vous, enfants, la famille c’est l’abri, la nourriture, le soutien, les conseils, la tendresse, le bonheur.

Quelle joie de vivre en famille !

Tout être adulte, sain et vigoureux, a, dans la vie, deux grands devoirs à remplir : travailler et fonder une famille.

Les belles familles sont l’espoir de la France de demain.

La maison sans enfants est triste et sans âme.

Ô l’amour d’une mère, amour que nul n’oublie.

Ô mon père et ma mère ! C’est à vous que je dois tout.

L’enfant, à tout âge, doit honneur et respect à ses père et mère.

Un temps pour chaque chose et chaque chose en son temps.

Le père est le défenseur du foyer, la mère en est l’âme.

Dans la famille, comme à l’école, l’enfant fait l’apprentissage de la discipline et de l’effort.

Honore ton père et ta mère et rends-leur ce qu’ils ont fait pour toi.

Nous devons parler à nos parents avec un respect religieux.

Heureux celui qui peut rendre à ses parents les soins qu’il en a reçus dès son enfance.

Le frère aidé de son frère est comme une ville forte.

Un frère est un ami donné par la nature.

Les aînés se doivent d’aider, de protéger, de guider les petits.

Avoir l’esprit de famille, c’est se soutenir, s’entraider entre membres de la même famille.

Le foyer familial c’est le nid, le refuge où les enfants vivent heureux dans la sécurité.

La camaraderie est le commencement de l’amitié.

La façon de donner vaut mieux que ce qu’on donne.

La grande fabrique de bons amis, c’est l’école.

Aimons-nous les uns les autres.

L’intolérance, la superstition et l’ignorance se tiennent la main.

Donner son cœur, voilà la charité suprême. (J Aicard).

Qui parle beaucoup dit beaucoup de sottises. (Corneille).

Qui paie ses dettes s’enrichit.

L’argent est un bon serviteur et un mauvais maître.

L’école, la classe est votre second foyer, votre cité.

Pas de vie commune à l’école sans discipline.

Respectons en nous et dans les autres la personne humaine.

Un coup de langue est parfois pire qu’un coup de lance.

L’école laïque est l’école de la tolérance.

Tout particulier qui persécute un homme, son frère, parce qu’il n’est pas de son opinion, est un monstre.

L’amour de la Patrie, c’est l’amour du sol qui nous nourrit, où nous avons nos foyers, où nous aurons nos tombeaux.

La Patrie se compose des morts qui l’ont fondée aussi bien que des vivants qui la continuent.

La Patrie est un accord de millions d’hommes pour une vie commune.

Un peuple patriote est un peuple qui sait l’histoire de son pays, qui aime à la lire, à la relire, à s’en pénétrer.

La patrie est une grande amitié.

La patrie est une grande famille dont tous les membres sont solidaires les uns des autres.

Non, ils ne sont pas morts en vain, ceux qui sont morts pour que la Patrie vive plus libre.

Il faut aimer sa Patrie sans pour cela haïr l’étranger.

La France, notre Patrie, respecte la personne humaine.

Tels écoliers, tels hommes, telle Patrie.

Pour couvrir ses enfants, le drapeau n’a qu’un pli.

L’alcool, voilà l’ennemi.

L’eau de vie devrait s’appeler l’eau de mort.

Celui qui s’abstient de voter n’est pas digne d’être citoyen.

Sans les contributions, le pays cesserait de vivre.

Les dictateurs réduisent le peuple à l’esclavage et conduisent souvent à la guerre.

Chaque village avait son école. L’instituteur habitait sur place et voyait les enfants même en dehors de l’école. Comme on le constate, l’école conditionnait les hommes à travailler et les femmes à accomplir les tâches ménagères et être de bonnes mères de famille, procréer pour redonner à la mère Patrie des enfants après ces deux guerres destructrices de toute une jeunesse décimée. Malgré la laïcité à l’école, on retrouve pourtant des mots à consonnance religieuse comme âme, charité, aimons-nous les uns les autres !

Conclusion : la leçon de morale systématique a disparu des programmes dans les années 1971 sous la Présidence de Pompidou lors de l’apparition du tiers-temps pédagogique. Depuis des décennies et avec le constat d’aggravation de la petite délinquance, la question se pose périodiquement du retour des leçons de morale à l’école d’autant que les structures religieuses ou laïques qui en dehors de l’école encadraient la jeunesse autrefois ont disparu totalement aussi. Les programmes scolaires sont certes beaucoup plus chargés qu’autrefois et la famille « devrait » être le lieu privilégié de cette éducation morale.

(Cliquez pour agrandir les photos)

Lecon de morale 1 Gesnes ecole 1

Lacorde

Commentaires (2)

TEMMERIER Dominique
  • 1. TEMMERIER Dominique | samedi, 09 mars 2019
Merci Dominique.
La transmission des valeurs existe toujours, différemment. Je n’étais pas encore née lorsque ces phrases étaient écrites à la craie sur le tableau noir de l’ école de Montfaucon . À Varennes-en-Argonne, un peu plus tard, j’ai reçu cette éducation et puis il y a eu 68, c’est à partir de cette année là que le changement est arrivé. 50 ans plus tard , je me retourne sur ma vie et une phrase de la Leçon de morale me parle : «  Une Belle Vie, c’est une pensée de Jeunesse réalisée dans l’âge mûr »
J’ y trouve une lecture philosophique.
Merci Monsieur l’historien de mon Argonne chérie.
Claudine R.
  • 2. Claudine R. | vendredi, 01 mars 2019
Merci pour ces belles leçons de morale. Il y en avait peut-être un peu trop autrefois, diront certains, mais en mettre au tableau un peu ne ferait de mal à personne. Oui la leçon de morale manque et pas seulement au tableau !

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