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Par Monique VILLAUME

 

Chaque mois, Monique vous propose le parcours et les ramifications de trois mots français courants.

Vadrouille, nom féminin, dérivé du verbe vadrouiller, d’origine régionale.

Composé de drouilles, vieilles hardes, en région lyonnaise, (on dit c’est de la drouille, pour écarter des objets de peu de valeur), et associé au préfixe va, lui-même venu de valdre, valoir.
On l’a rapproché de vadrouiller, se vautrer dans la boue, attesté en Normandie, et de gadrouiller, patauger, dans le Poitou. On a pu aussi le rapporter au verbe gallo-romain, vadulare, passer le gué (vadum, le gué), et encore de l’ancien français gayer, parfois goyer, patauger ou rincer du linge dans le ruisseau.
Même si les origines sont confuses, l’idée qui reste évoque l’eau, une eau boueuse dans laquelle on patauge. Être en vadrouille, être parti en vadrouille, sous-entend un trajet hasardeux, sans but précis, dans des conditions difficiles. N’en est-il pas ainsi de la Grande Vadrouille ?

Vague, nom féminin. Je ne ferai ici que mentionner la vague, connue de tous.

Je parlerai plutôt de vague en temps que nom masculin et adjectif.
Le latin vagus donnait à l’adjectif le sens d’errant, qui allait à l’aventure et au sens figuré, celui d’inconstant. On l’appliqua aux vagabonds, et sous sa forme adjectivale, à des idées ou des sentiments imprécis. Enfin, le nom désigna des espaces indéterminés, non localisés.
En 1794, le vague exprime déjà un malaise ressenti, qui deviendra le vague à l’âme,(1830).
Le sens général est toujours l’imprécision, que l’on retrouve dans des expressions telles que rester dans le vague, se perdre dans le vague. Avec l’adjectif, l’imprécision s’affirme, un vague marchand (à l’identité douteuse), un discours vague, une vague adresse.
Une robe vague exclut l’idée d’un ajustement précis au corps.
Un autre sens était apparu pour l’adjectif vers 1260, vague signifiant alors inoccupé, vide.
Nous en avons gardé terrain vague, à la fois mal localisé et inoccupé.
Les deux sens ont, de toute évidence, interféré pour l’emploi de cet adjectif complexe.

Valise, nom féminin. Après un mot aussi tortueux que vague, reposons-nous avec valise.

D’origine italienne (vallare : protéger), ce mot a désigné d’abord un long sac de cuir porté en croupe. La valise protégeait son contenu. Elle a changé de forme pour devenir un bagage à main rectangulaire et relativement rigide.
Si faire sa valise veut dire partir, (parfois définitivement comme en argot, mourir), se faire la valise est l’équivalent de se faire la malle, partir précipitamment, sans laisser d’adresse.
Au figuré, on l’emploie même (familier) pour un objet volé, mon collier s’est fait la malle !
Et puisqu’on est dans une histoire de vol, voici une devinette pour laquelle je vous demande de me pardonner à l’avance.
Quel est le pluriel de un voleur ?
Des voleurs ? Non, pas ici.
La réponse est des valises. Un voleur, des valises…Je vous ai déjà demandé pardon.

Quelques insolites des Étymots de ce mois.
 

Vamp, n f.  Surnom donné en 1921 à une actrice américaine, considérée comme femme fatale du cinéma muet. Abréviation de vampire.

Vampire, n m. Fantôme nocturne quittant son tombeau pour sucer le sang des vivants. C’est aussi une chauve-souris d’Amérique (centrale ou du sud), qui suce le sang des animaux pendant leur sommeil.

 

Villaume

Commentaires (1)

Soizic Hily
  • 1. Soizic Hily | lundi, 04 novembre 2019
Merci pour ces précisions et découvertes !

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