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Par Daniel DUBOURG
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Soyons sages

Depuis un bon moment déjà, ce monde qui est le nôtre montre des signes de malaises à la croissance exponentielle, en tous domaines. Partout se manifestent insatisfaction, impatience, agressivité, manque de civisme, repli sur soi-même et j’en passe ! Les attitudes les plus négatives dans toutes les formes de relations se multiplient et atteignent des points culminants, alors qu’il conviendrait justement de garder la tête froide, de se poser, de se poser des questions, de poser les bonnes questions, quel que soit l’objet qui préoccupe et pose problème, ceci étant valable pour n’importe quel individu. En fait, il faudrait apprendre à être sage, pas forcément comme une image, mais disons faire preuve de sagesse. Pas si simple à réaliser lorsqu’on jette un coup d’œil rapide sur les définitions illustrant ce concept. Jugez plutôt :

  • Qui fait preuve de sûreté dans ses jugements et sa conduite : avoir la réputation d’un homme sage.
  • Qui est prudent, réfléchi, qui est conforme à la mesure, au bon sens : prendre de sages mesures.

Voilà pour les définitions essentielles. On constate immédiatement que le travail est un chantier monumental risquant de prendre beaucoup de temps avant fermeture. À défaut d’être parvenu complètement à un très haut degré de sagesse, rien ne nous empêche de tendre vers ce dernier.
Rassurez-vous, nous n’irons pas ici explorer les chemins menant à la sagesse. Par contre, forts des éléments cités plus haut, nous pourrons peut-être dégager quelques attitudes correspondant à des situations de sagesse du quotidien.

L’urgence de trouver une réponse à certaines questions en tous domaines devrait nous inciter grâce à une sagesse élémentaire, à nous asseoir nombreux autour d’une même table et à rechercher ensemble la meilleure solution.
Or, que constatons-nous ? Ceux qui croient détenir la vérité, ceux qui sont investis par certains d’une forme de pouvoir sont incapables de négociation, parce qu’ils n’en sont pas désireux.
Ceux-là ne font pas preuve de sûreté dans leur jugement, dans leur conduite, mais bien plus de certitudes. Et comme chacun le sait, la certitude et une ennemie du doute, car elle étouffe au point d‘empêcher la simple remise en question, le questionnement.
Ceux-là ne sont pas non plus prudents, réfléchis et pétris de bon sens. Pourquoi donc ? Parce qu’ils persistent à nier les situations dont la gravité crève les yeux, et refusent donc d’entrevoir un ensemble de propositions susceptibles de déboucher sur un consensus, chose difficile à obtenir dans ce monde de dualité où le noir chasse le blanc (et le contraire, aussi).

Aux termes de ces considérations, nous pouvons penser que la sagesse, du moins les tentatives de sagesse ne sont pas forcément la résultante de vagues personnages qui passeraient leur temps uniquement à méditer au fond de leur caverne. Au contraire, si l’homme est un être de communication et de partage, il doit avoir le désir indéfectible de s’engager. L’engagement, voilà encore un concept à préciser et illustrer.

Le propos pourrait devenir long et ennuyeux. Je vais donc arrêter là, non sans vous avoir dit que le mot sage vient du latin populaire sabius et du latin classique sapidus (qui a du goût !). Étonnant, non ?

Je vous laisse également le soin de dresser une liste de gens, défunts ou vivants, que vous considérez comme sages. N’hésitez pas à noircir plusieurs feuilles si nécessaire. Prenez le soin de n’écrire ni trop gros ni trop petit. Et surtout, prenez votre temps… Ah ! j’allais oublier : si votre modestie vous empêche de vous inscrire en tête de liste, essayez quand même de trouver une place, ne serait-ce qu’à la queue ! Ce pourrait être un joyeux instant de retrouvailles.
 

Dubourg

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