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Un film, un spectacle, une exposition, un musée, une curiosité...

François BALAINE a vu pour vous...

JOCKER II - Folie à deux

Comme je l'avais un peu promis lorsque je vous ai parlé du film '' JOKER '' dans un précédent numéro de '' Plume a vu'', je vais essayer de vous évoquer la suite intitulée '' JOKER- folie à deux '', challenge assez compliqué à relever tant ce film déroutant a été critiqué avant même sa diffusion sur les écrans français.

Le film :

Après une entrée en matière surprenante sous la forme d'un cartoon digne des meilleurs (réalisation de Sylvain Chomet) qui met en évidence le combat interne permanent des deux personnalités d'Arthur Fleck,  nous retrouvons le héros du film ( Joachim Phoenix) deux ans après le premier volet. Il a été placé dans un établissement un peu indéfinissable, entre prison et centre de soins. Il y est souvent la risée des autres internés et des gardiens, quand il fait la connaissance de Lee Quinzel ( Lady Gaga) internée pour avoir incendié la maison de ses parents. Lors des cours de musicothérapie qu'ils suivent ensemble, elle lui avoue être une admiratrice passionnée du Joker et de son œuvre destructrice. C'est le coup de foudre réciproque, et le couple va se lancer dans un délire imaginaire sans limites, souligné par l'interprétation de chansons et de quelques scènes dignes d'une comédie musicale.
Tout cela se passe parallèlement au procès d'Arthur qui reproche à son avocate de construire la défense sur la personnalité timorée et victimaire d'Arthur Fleck, alors qu'il veut mettre en avant le personnage adulé, arrogant, parfois comique du Joker. Il décide d'assurer sa propre défense. Lee est libérée. En se rendant au tribunal, Arthur prend conscience de sa popularité auprès de la foule qui brandit des panneaux réclamant son acquittement, contrairement au procureur qui plaide pour la peine de mort. Cette vision le fait retomber dans son délire mégalomane et revêtir à nouveau la personnalité transcendée de Joker sous les yeux admiratifs de Lee qui est présente dans la salle d'audience.
Il apprend que son amoureuse n'a pas incendié la maison de ses parents, qu'elle s'est fait volontairement interner parce qu'elle fait des études de sociologie et surtout, qu'elle est enceinte de lui. Une explosion provoque le chaos dans la salle du tribunal, Arthur s'enfuit, retrouve Lee et lui annonce qu'au nom de leur amour, de leur futur enfant, il ne veut plus être reconnu à travers le personnage de Joker mais pour lui-même. Ce renoncement déplaît à sa compagne qui le rejette. Il se fait reprendre par la police sans opposer de résistance...et je n'irai pas plus loin afin de ne pas dévoiler la fin du film, plutôt inattendue.                               

Ce que j'en ai pensé :

Le premier volet expliquant comment Arthur Fleck entre petit à petit dans la peau de Joker et devient un catalyseur de la violence contestataire du système, beaucoup de spectateurs s'attendaient à ce que ce film en soit la suite logique et ont été très surpris, voire déçus.
En effet, ce n'est pas du tout le cas : les scènes grandioses de guérilla urbaine sont quasiment inexistantes, ce volet développe surtout la psychologie perturbée du personnage qui rêve de devenir un chanteur, un animateur de spectacle, de revue, populaire, qui veut être aimé. Plusieurs chansons interprétées par Arthur ou Lee ( ou les deux ensemble ) entrecoupent l'histoire alors qu'elles ne sont qu'imaginées par les personnages. C'est cette particularité qui a fait dire à certains spectateurs et critiques de cinéma que c'est une comédie musicale.

Ce n'est pas du tout mon avis. J'ai plutôt découvert un vrai film de cinéma, certes déroutant, imprévisible, déconcertant à certains moments. N'est-ce pas ce que l'on recherche parfois lorsque l'on va dans les salles obscures ?

Les acteurs sont à la hauteur du sujet, surtout un Joachim Phoenix une fois de plus formidable, très amaigri, hallucinant par cette capacité qu'il a, par son interprétation possédée, à endosser le costume de son personnage, ou plutôt de ses deux personnages. Il passe aisément d'Arthur, cet être timoré, malade de la société, de la vie, à Joker ce personnage halluciné, agressif parfois, exubérant toujours.

La mise en scène est à la hauteur des effets recherchés : j'ai eu l'impression de passer d'un film noir, sombre qui montre une Société en perdition, en recherche d'avenir, au reportage d'un procès hors norme, à une caricature de comic's.

J'ai trouvé que ce film, y compris le dessin animé du début, pose le problème auquel chaque être humain peut être confronté dans sa vie, que ce soit pour les grandes décisions qu'il doit prendre ou les petits soucis du quotidien : faire un choix entre des options parfois diamétralement opposées. Il amène la même question pour la Société et ses dirigeants qui souvent, presque quotidiennement, doivent faire face à cette réflexion parfois cruelle, toujours conséquente.

J'ai apprécié ce film, souvent noir et triste, parfois très ''coloré'' et marrant, comme j'ai aimé le premier volet.

Je pense que le réalisateur n'en restera pas là où il a emmené le spectateur, une suite qui montrerait, par exemple, comment New-York devient Gotham-city, comment l'épisode quasiment intimiste que je viens de voir passe à un volet plus proche du premier : peut-être le lien entre le Joker intimiste et le Joker chef de meute, grand gourou d'un monde déstructuré ?

Je ne manquerai pas de vous en parler.

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