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Au fil des pages, Aube s'interroge sur le fait de poursuivre ou non sa grossesse. Le père est absent et elle évolue dans une société dont elle dénonce les valeurs conservatrices, et, où les jeunes femmes peinent à trouver leur place. À travers son récit, elle revient sur les années noires de l'Algérie, l'assassinat de ses parents, le massacre de son village et la tentative d'égorgement à laquelle elle a miraculeusement échappé.
J'ai été marqué par le fanatisme qui imprègne cette période. Cette guerre civile meurtrière a fait plus de 150 000 morts et demeure une blessure profonde dans l'histoire du pays.
Le roman dénonce également les conséquences de la loi sur la réconciliation nationale, qui limite les débats publics et entrave les recherches historiques sur cette période. Aube critique l'amnistie accordée aux responsables de violences et de discours de haine, ainsi que la volonté d'imposer l'oubli de ses années.
Par moment, j'ai toutefois eu du mal à entrer pleinement dans cette lecture. Les répétitions sont nombreuses et, par moments, certains mots ou certaines idées reviennent si souvent qu'elles ont fini par casser le rythme du récit. Je comprends néanmoins que ce choix est volontaire et participe à la construction du traumatisme vécu par la narratrice. Le roman emprunte aussi plusieurs chemins, notamment à travers des rencontres inattendues, comme celle de ce chauffeur qui lui raconte longuement son amour des livres et la manière dont il les a protégés malgré les risques.
Ce livre a été interdit en Algérie au motif qu'il contreviendrait à la loi sur la réconciliation nationale. Les autorités ont préféré empêcher que cette période de l'histoire soit remise en lumière plutôt que de l’accepter et qu'elle soit interrogée. Une vaste campagne de dénigrement et de désinformation a également visé l'auteur et son œuvre.
Réduire au silence, censurer, réécrire ou effacer le passé. Telles des méthodes employées par les régimes autoritaires qui redoutent la vérité historique. Lorsqu'un pouvoir cherche à empêcher les écrivains, les historiens ou les témoins de raconter ce qu'ils ont vécu, ce n'est pas seulement la liberté d'expression qui est menacée, mais aussi la mémoire collective. Car un peuple privé de son histoire devient plus facilement manipulable. Houris rappelle ainsi que la littérature est un puissant acte de mémoire et de résistance face aux tentatives d’effacement du passé.
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