PAPY
Mamie devait faire des courses et elle m’avait dit, en partant, avec son petit air malin :
- Tu surveilles bien Papy, hein, pour qu’il ne fasse pas de bêtise !...
Mon Papy bricolait et moi, j’aimais bien le regarder… Il fabriquait une commode en bois et il rabotait des planches.
J’aime bien voir Papy travailler : avant, il était menuisier, mais maintenant, il est trop vieux, alors il est en retraite, mais il bricole toujours… Il dit qu’il ne peut pas vivre sans toucher du bois, que ça lui porte bonheur… Et dans son atelier, ça sent bon ! J’aime l’odeur du bois mais aussi celle de la colle et du vernis… Mon Papy m’a appris à reconnaître le bois rien qu’à l’odeur : le sapin, le hêtre et le chêne ne sentent pas du tout pareil…
Papy était donc en train de raboter : il soufflait fort et il transpirait beaucoup…
A un moment, il s’est arrêté et j’ai bien vu que quelque chose n’allait pas… Il ouvrait grand la bouche comme le poisson rouge de notre bocal et il se tenait la poitrine, mais aucun son ne sortait de ses lèvres… il a voulu se redresser mais s’est écroulé d’un coup en poussant un petit cri…
J’ai fait comme Maman m’avait expliqué : j’ai fait le 15 sur le téléphone et j’ai pu dire au Monsieur que mon Papy n’allait pas bien et j’ai réussi à expliquer où il habitait… Je savais que c’était la rue des Pinsons…
Maintenant, il y a quatre pompiers dans le garage et le chef des pompiers m’a dit que mon Papy allait vivre et que c’était grâce à moi…
Mais il me tarde que Mamie rentre pour qu’elle me fasse un gros câlin et qu’elle me prépare à goûter…